Sylvie Deshors, Douce nuit, Minus !, roman ado, 90 pages, novembre 2012, Doado noir, Rouergue, 9,70 € ***

Publié le par Sébastien Almira

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Dans la famille Romans courts chez Doado, je demande le conte de Noël. Bonne pioche, avec Douce nuit, Minus !

Parce qu'ils sont pauvres, parce que sa mère a tenté de voler un jeu vidéo pour lui offrir, parce que le vigile l'a coincée et court désormais après lui, un ado prend la fuite le soir de Noël.

Pour son premier réveillon sans sa mère, il se réfugie au creux des rochers, sur la plage qu'il imagine déserte, jusqu'à ce que Nasta, un étrange garçon, débarque. La vingtaine, Rangers défoncées, pantalon trop court, portant la cape et un bâton faisant office d'arme. Fan de jeu vidéo, notre héros voit en Nasta un super-héros qui va illuminer son soir de solitude, mais leurs aventures vont vite déraper et devenir un jeu grandeur nature, sans télécommande ni console, avec une seule vie et pas de pause possible.

 

« Dans un jeu de console, on suit un personnage et bientôt on connait les limites de l'univers, les paliers, les ouvertures, on maîtrise les effets des actions jusqu'à la montée crescendo et soudain on a fait le tour du jeu. Au bout d'une trentaine d'heures, le jeu redevient un objet, un boitier en plastique un peu ennuyeux. » page 94

 

Mais dans cette sombre réalité, Sylvie Deshors ne nous laisse pas le temps de nous ennuyer. Ni au lecteur, ni à son personnage. Sans temps mort, elle nous entraine dans un univers hyper réaliste où s'entrechoquent bastons et frissons sur fond de jeux vidéos.

Comme soir de Noël, on peut rêver mieux, me direz-vous, en pensant à celui qui se profile, mais quand on se fait enlever, on ne pense plus à ce genre de choses ; ce qu'on veut, c'est juste s'en sortir, rester en vie, sauvegarder son unique vie. Moins facile, comme jeu, que de profiter de son réveillon comme vous et moi nous apprêtons à le faire, hein ?!

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