Musique juillet (Christine and the Queens / La Roux / Mariah Carey)

Publié le par Sébastien Almira

                   

Christine and the Queens, Chaleur humaine, 11 titres, Because Music, 2014 ****
En devenant Christine and the Queens suite à une longue histoire que vous pourrez découvrir ici (long article très intéressant des Inrocks qui vous expliquera la genèse et bien d'autres choses encore), Héloïse Letissier est également devenue la révélation pop française de l'année. Mêlant français et anglais, pop et R'n'B, Christophe et Kanye West (Paradis Perdus), elle a entièrement écrit, composé, arrangé, interprété et réalisé l'album, à l'exception de la reprise sus-citée. Ash Workman, à qui l'on doit le dernier Metronomy, est à la production.
Le résultat est détonnant, mélancolique, puissant, torturé, élégant, inventif, émouvant. Pop, R'n'B, variété, électro, tout se bouscule. Ses influences vont de Mickaël Jackson à Gainsbourg en passant par Drake, Kanye West, Bashung, Beyoncé et Virginia Woolf. Car la musique subtile et mature, la voix forte et hypnotique, les mélodies sombres et enivrantes, ne sont pas les seules qualités de ce premier album. C'est souvent à ça que s'arrêtent les artistes qui émergent, mais Christine travaille également ses textes ; mêlant habilement français et anglais, elle livre des textes poétiques et littéraires. Rien n'est à jeter, mais quelques titres sont un peu en deçà des autres.
Magnifique premier album, peut-être un peu trop homogène, d'une artiste qui n'hésite pas à chanter des textes littéraires sur de la pop branchée avec un phrasé très influencé par la musique R'nB.
<3 It / Saint Claude / Christine / Science fiction / Paradis perdus / Ugly-Pretty / Nuit 17 à 52 / Here

             

 

                   

La Roux, Trouble in Paradise, 9 titres, Polydor, 2014 **
Je ne connaissais La Roux que de nom lorsque le premier extrait du deuxième album du groupe désormais décomposé, Let me down gently, est arrivé sur le net. Je suis tombé sous le charme de ce morceau mid-tempo électro-rétro mélancolique. Puis est arrivé Uptight Downtown, très bon titre, un peu plus énergique que le premier extrait mais très ressemblant. Cependant, je me disais que c'était superbe et j'attendais l'album avec impatience.
Le problème, c'est que la ressemblance entre les morceaux court sur tout le disque, des compos et des mélodies très similaires, une ambiance électro-pop rétro, groovy et mollassonne qui finit par être pesante (du genre qui vous donne une boule au ventre). C'est sympathique une fois, deux fois, mais à force, Trouble in Paradise ne m'a pas du tout convaincu.
<3 Uptight Downtown / Silent Partner / Let me down gently

 

 

 

                   

Mariah Carey, Me. I am Mariah... The elusive chanteuse, 17 titres, Def Jam, 2014 ***
Si depuis quelques années Mariah Carey n'est plus considérée que comme une diva has been qui fait de la daube, il y avait toujours quelques bons morceaux dans ses albums. Il en est de même dans ce pot pourri à l'esthétique et aux sonorités léchés. On passe rapidement sur les affreuses photos retouchées qui jalonnent le livret et la promo de Me. I am Mariah... The elusive chanteuse. On passera aussi sur ce titre prétentieux et ridicule.
Là où je suis le plus agréablement surpris, c'est du côté des titres dansants et/ou collaborations avec des rappeurs. Habituellement, je trouve les siennes bling-bling, ridicules et bourrins à mort, mais je dois avouer que je trouve Thirsty (R'n'B), Make it look good (soul, gospel), You don't know what to do avec Wale (véritable tuerie R'n'B funky qui donne furieusement envie de claquer des doigts et /ou taper dans les mains et/ou remuer son cul), Meteorite ou encore Money avec Fabolous très réussies. Le duo avec Miguel, Beautiful, seul single de l'album qui a marché (passons sur la promo catastrophique qui consistait à attendre un tube pour sortir l'album depuis plus d'un an), est un très bon titre, un mid tempo R'n'B classe où la chanteuse n'en fait jamais trop, où les voix se marient bien.
En revanche, c'est du côté des ballades que ça pêche un peu. Cry, le titre d'ouverture, et Camouflage, sont soul et sobres, mais peu dispensables et pas inoubliables. La classique You're mine (eternal) et le gospel Heavenly sont pas mal, comme la sobre reprise One more try de George Michaël et The art of letting go mais où sont les fabuleux Without you, My all, Whenever you call ou plus récemment We belong together ? Pourquoi la fabuleuse Almost Home, titre du film Le monde fantastique de Oz, a été écartée de l'album ?!
Quelques autres titres comme Faded, Dedicated, Supernatural, It's a wrap avec Mary J Blige ou Betcha Gon' Know avec R Kelly sont fades, voire soporifiques à souhait.
Voilà donc un album où se mêlent de très bons titres à d'autres clairement mauvais, entre soul et R'n'B, un album qui vaut le coup pour les fans, ou pour les quelques titres suivants, qui ne mérite pas d'être le pire démarrage de sa carrière mais on est quand même bien loin de Music Box et Butterfly.
<3 Beautiful (ft. Miguel) / Thirsty / Make it look good / You're mine (eternal) / You don't know what to do (ft. Wale) / Meteorite / Money (ft. Fabolous) / Heavenly

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Rentrée littéraire 2014

Publié le par Sébastien Almira

Rentrée littéraire 2014

Alors que l'été commence à peine, voilà que déjà s'approche à grands pas la rentrée littéraire de septembre, et avec la rentrée scolaire.
Si les résultats du bac 2014 étaient en hausse, les éditeurs ont également mis les bouchées doubles puisque la production automnale est passée de 555 romans en 2013 à 607 cette année. Cinq romans étrangers et une cinquantaine de romans français de plus, mais onze premiers romans de moins.

Livres Hebdo, en bon professionnel, parle de « rentrée resserrée, à peine plus élevée que l'an dernier ». À peine, oui... Alors qu'on pensait que la baisse de 2013 ferait figure d'exemple, voilà qu'ils en mettent de nouveau plein les tables, avec une grosse majorité de (au choix) merde sans nom / passera inaperçu malgré un nom / l'éditeur l'oubliera une fois publié / tout le monde s'en foutra / les quatre à la fois. Une majorité de romans qui passeront, de fait, à la trappe.

Il y a des éditeurs qui ont compris la leçon, d'autres pas. Au Seuil, la production a réellement été resserrée : 6 romans français, 3 étrangers. Chez Flammarion et Actes Sud, acte aussi puisque ce sont 7 romans français qui paraîtront à la rentrée.

Olivier Nora, PDG de Grasset, parle de « rentrée sous tension » mais n'a pas semblé y faire attention puisqu'il publie 16 romans. Même son de cloche chez Gallimard avec plus d'une vingtaine. Quand on sait l'accompagnement des auteurs et des livres chez la prestigieuse maison, quand on voit le nombre de romans inconnus qui arrivent par deux ou trois sur nos tables (et on déjà bien gentil), qui sont débarqués en rayon un ou deux mois plus tard faute de place et qui partent petit à petit au retour sans que personne ne s'en soit préoccupé, on se demande pourquoi Gallimard continue de publier autant de livres.
 

          

On n'a pas la même valeur de la prudence partout car, si certains ont choisi de faire une moins grosse rentrée en quantité mais ont ciblé avec soin les quelques romans qu'ils nous feront découvrir, d'autres jouent la sécurité en publiant moins de premiers romans et plus de grands noms.
Ainsi, vous aurez le plaisir (ou pas) de retrouver Emmanuel Carrère, Olivier Adam, David Foenkinos, Frédéric Beigbéder, Patrick Deville, Eric Reinhardt, Grégoire Delacourt, Laurent Mauvignier, Jean-Marie Blas de Roblès, Fouad Laroui, Alice Ferney, Franck Pavloff, Simonetta Greggio, Pascal Quignard, Bernard-Henry Lévy, Catherine Cusset, François Vallejo et bien entendu Amélie Nothomb chez les auteurs nationaux.
Côté étranger, vous aurez le choix entre Thomas Pynchon, Antonio Tabucchi, Alice Munro, Siri Hustvedt, Haruki Murakami, Craig Davidson, Margaret Atwood ou encore Charlie Chaplin !

Une fois de plus, il faudra faire le tri assez drastiquement et complètement subjectivement pour savoir quoi lire. Pour certains livres, on aura eu bien raison mais pour d'autres ce sera la déception, l'ennui, l'énervement, la poubelle.
Et au milieu de ce grand capharnaüm, je vous ferai partager mes lectures. Vous découvrirez des surprises et des confirmations comme des déceptions. La chasse aux coups de cœur et aux coups de gueule étant imminente, je m'en retourne à mes lectures car je n'en suis qu'à la cinquième de cette nouvelle rentrée.
D'ici-là, portez-vous bien, continuez de lire et si vous manquez d'idées pour vos lectures estivales, c'est ici que ça se passe !

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Lesctures estivales

Publié le par Sébastien Almira

Comme l'année dernière, et l'année précédente, et après je me souviens plus, je vous ai concocté (avec un peu de retard, certes) une liste de suggestions de lectures estivales. Non, ne me remerciez pas, j'aime travailler gratuitement !

 

LITTÉRATURE ADULTE

 

Swamplandia, Karen Russell, traduit de l'américain, 470 pages, Livre de Poche, 7,60 € **** (article)

Un premier haut en couleurs bien que traversé par la perte (d'une mère / épouse / star de l'entreprise), la chute (de ladite entreprise) et la fuite (de presque toute la famille). La petite dernière, Ava, tente par tous les moyens de redonner vie au parc d'attraction familial dont le thème, original, est le crocodile. Pendant ce temps, le reste de la famille se barre, de l'île et en sucette.

Original, décalé, truculent, merveilleux, dans l'histoire et l'atmosphère comme dans la construction et l'écriture, Swamplandia est un roman à ne pas rater !

 

Parce que tu me plais, Fabien Prade, 80 pages, Points, 4,80 € *** (article)

Théo, glandeur professionnel parisien, tombe sous le charme de Diane, rencontrée dans la rue. Problème, Diane est promise à Max, et l'infidélité ne fait partie ni de ses projets, ni même de ses envies. Leur voie est toute tracée, entre grandes écoles, métiers prestigieux, appartement grand luxe, et Théo ne peut s'empêcher de foutre son nez dans leur histoire.

Premier roman aux allures beigbédiennes, Parce que tu me plais paraît au premier abord banal et se révèle finalement bien agréable et assez surprenant.

 

Dolfi et Marilyn, François Saintonge, 300 pages, Pocket, 7,30 € **** (article)

Extraordinaire roman publié sous pseudonyme, Dolfi et Marilyn se passe en 2060. Tycho Mercier, historien, se retrouve bien malgré lui avec un clone illégal d'Adolf Hitler et un clone de contrefaçon de Marilyn Monroe sur les bras. Tant philosophique que rocambolesque, ce roman m'a passionné et je suis sûr qu'il en fera de même avec certains d'entre vous !

 

Paradis (avant liquidation), Julien Blanc-Gras, 190 pages, Livre de Poche, 6,10 € **** (article)

C'est le récit de ses aventures en République des Kiribati que nous livre l'écrivain-voyageur Julien Blanc-Gras. Ce pays à la surface terrestre plus petite qu'un département français et à la surface maritime dans laquelle on pourrait mettre l'Inde est en voie de disparition, d'engloutissement plus exactement. Un récit de voyage drôle et intéressant qui accompagnera votre été en Ardèche, à Tahiti, au Brésil ou encore en Norvège, et pourquoi pas aux Kiribati !

 

Si vous avez de la place pour des livres plus gros, vous pouvez aussi emporter dan vos valises, ou dans votre jardin, Quatre murs de Kéthévane Davrichewy chez Sabine Wespisier (article ici), La Maison Atlantique de Philippe Besson chez Julliard (article ici) et l'imposant polar Carter contre le diable de Glen David Gold chez Super 8 Éditions (article ici).

 

 

 

BANDE DESSINÉES

 

Les vieux fourneaux, tome 1, Lupano et Cauuet, 55 pages, Dargaud, 11,99 € ****

Trois septuagénaires se lancent dans un road-trip rocambolesque : Antoine vient de perdre sa femme quand il apprend qu'elle l'a trompé, il y a quarante ans, avec son patron. Il décide de commettre un crime passionnel rétroactif et ses amis tentent de l'en dissuader.

Prix des libraires BD 2014, et je vous assure que c'est pas volé. Un premier tome terriblement humain, drôle et frais.

 

Shelley et/ou Chamisso, Vandermeulen et Casenave, 270 et 240 pages, Le Lombard, 22,50 € chacun *****

Deux belles BD à garder et à offrir sur la vie de deux auteurs romantiques plus ou moins connus. Peut-être que celle de Chamisso est plus passionnante et plus originale puisqu'on connait très peu l'homme, mais les deux sont extraordinaires. Mêlant éléments biographiques, faits tirés des romans des principaux intéressés et inventions des auteurs Vandermeulen et Caenave, ces deux premiers tomes (Nerval suivra) raviront les fanas de BD et de littérature. Lecture intéressante, farfelue et agréable.

 

 

 

ROMANS ADO

 

Les Autodafeurs, tome 1, Marine Carteron, 330 pages, Rouergue, 14 € ***** (article)

Le premier tome génialissime (et je pèse mes mots) de la trilogie Les Autodafeurs entraîne le lecteur, du petit-fils de onze ans (bon lecteur) à la grand-mère (et inversement), dans un tourbillon d'aventure, de suspense, d'Histoire et d'humour. Énorme coup de cœur pour moi, qui fonctionne aussi sur mes lecteurs ados. Page-turner assuré !

 

A comme Aujourd'hui, David Levithan, 370 pages, Les Grandes Personnes, 17 € ***** (article)

Chaque jour, A change de corps et donc de personnalité. Il s'est habitué à cette situation, se fixant pour règle de ne jamais s'attacher. Jusqu'au jour il tombe amoureux de la petite amie du garçon dans lequel il est. Mais comment avouer sa flamme à quelqu'un lorsqu'on n'a pas d'apparence propre, lorsque chaque jour on devient un ou une autre ? A est prêt à tout et je vous assure qu'on s'attache très très vite à A, qu'on ne peut plus lâcher ce roman bouleversant, avec une galerie de personnages forcément infinie. C'est réellement merveilleux, le genre de livre qui vous donne envie de vivre.

 

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Nouvelle version

Publié le par Sébastien Almira

Bonjour à tous,

Puisque je suis passé à la nouvelle version d'Over-Blog et que je ne peux malheureusement pas revenir en arrière, je vais tâcher de tout arranger petit à petit. Car, comme vous pouvez/pourrez le constater, ce n'est pas très au point, il y a de grands changements, pas forcément les meilleurs, et je dois adapter pas mal de choses pour que le blog retrouve une gueule normale. *

Veuillez m'en excuser par avance. Et sachez que la publication des articles continuera malgré tout à peu près normalement. Enfin, à une fréquence estivale. ^^

Bel été à tous et à bientôt sur le blog !

Sébastien Almira

 

* par exemple, si je saute une ligne, il en saute deux sur l'article visible par vous.

par exemple, je ne peux pas centrer une photo, il faut que je gère l'espacement à la main, à l'ancienne.

> du coup, je vais devoir reprendre chaque article, un par un, pour supprimer les doubles sauts de ligne, changer la couleur de texte et centrer chaque photo...

par exemple, je ne peux pas changer la police du menu.

par exemple, je ne peux pas voir les statistiques par article par jour, savoir quels articles ont été les plus lus tel jour, et non pas sur le mois comme c'est déormais le cas.

par exemple, je suis juste allé à la ligné à la fin de chaque phrase, et vous vous retrouvez avec des sauts de ligne. Et c'est juste hyper moche.

par exemple, je dois cliquer sur une petite icône pour envoyer la newsletter à chaque publication. Ce n'est plus automatique, et je sens que je vais souvent oublier.

par exemple, je vous en passe d'autres.

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Le cinéma de juin 2014 (Le vieux qui ne voulait pas... / Maps of the stars /X-Men Days of future past)

Publié le par Sébastien Almira

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, de Félix Herngren, 1h54 ****

Adapté du best-seller éponyme de Jonas Jonasson, le film se révèle assez drôle et efficace pour accrocher le grand public avide de films d'actions et comiques, et assez fin pour plaire également à un public plus branché film d'auteur. Je ne peux pas juger l'adaptation, puisque je n'ai pas lu le roman, mais j'ai trouvé le film en tant que tel assez réussi.

Pour ceux qui n'auraient pas suivi, c'est l'histoire d'un vieux qui se barre par la fenêtre de sa chambre alors que la maison de retraite au grand complet se ramène avec un gâteau à cent bougies. Le centenaire quitte la gare de son bled en emportant par mégarde la valise pleine de billets d'une petite frappe. C'est aussi l'occasion de se remémorer les événements qui ont fait sa vie.

Rocambolesque à souhait !

 

 

Maps of the stars, de David Cronemberg, 1h50 ***

Chronique au vitriol d'Hollywood, Maps of the stars n'épargne rien ni personne. Le monde du showbiz semble rempli de connards et de salopes prêtes à tout, le film est plutôt dérangeant, irritant même, dû à l'exagération du réalisateur, tout en restant un minimum crédible. C'est bien fait et Julianne Moore mérite amplement son prix d'interprétation féminine à Cannes.

« Le film exagère un peu la réalité mais pas tant que ça. Oui, je connais ces sentiments mêlés où vous désirez absolument un rôle qu’on offre à une autre, où vous attendez qu’on vous appelle, où vous vous demandez comment obtenir tel rôle, comment convaincre le réalisateur ou le producteur, etc. On connaît toutes ce genre de moments. Evidemment, mon personnage vit ces situations poussées jusqu’au cliché et à la satire. Mais j’aime ce personnage, j’aime son narcissisme désespéré, son désir d’exister à travers le cinéma, le vide qu’elle ressent quand elle ne tourne pas, la sorte de monstre qu’elle est devenue… » Julianne Moore aux Inrocks, 31 mai 2014

 

 

X-Men, days of future past, de Bryan Singer, 2h10 ****

Les X-Men envoient Wolverine dans le passé pour changer un événement historique majeur, qui pourrait impacter mondialement humains et mutants. J'aurais préféré avoir vu toute la série avant, histoire de me familiariser au mieux avec tous les personnages, mais j'ai trouvé le film intelligible, exceptés quelques petits détails pas indispensables à la compréhension globale et la complexité de l'intrigue.

Intelligent, recherché, spectaculaire, surprenant, c'est le meilleur X-Men de ceux que j'ai vus. De gros effets spéciaux et de la testostérone au service d'une intrigue bien ficelée et assez complexe pour nous captiver plus de deux heures. Bien joué, en plus de ça, même si Omar Sy n'est finalement pas si indispensable que ça.

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Julien Blanc-Gras, Paradis (avant liquidation), roman / récit de voyage, 190 pages, Au Diable Vauvert, mai 2013, 17 €, Le Livre de Poche, mai 2014, 6,10 € ****

Publié le par Sébastien Almira

Julien Blanc-Gras, Paradis (avant liquidation), roman / récit de voyage, 190 pages, Au Diable Vauvert, mai 2013, 17 €, Le Livre de Poche, mai 2014, 6,10 € ****

 

« Il y a des pays en voie de développement et des espèces en voie de disparition. La république des Kiribati est un pays en voie de disparition.

Un cas singulier, à contre-courant d'un époque où chaque secousse géopolitique peut accoucher d'un nouvel État. Il n'y a jamais eu autant de nations sur terre. Celle-là semble vouée à l'effacement. Non par scission ou absorption. On lui promet l'engloutissement.

J'ai organisé ma vie autour d'une ambition saugrenue, le quadrillage méthodique de la planète. Moteur : toujours voir un pays de plus. Ce qui se profile ici, c'est un pays en moins. Je dois m'y rendre avant qu'il ne soit rayé physiquement de la carte.

Sur le planisphère, le pauvre est à peine visible à l’œil nu. Sa surface terrestre ne couvre même pas celle d'un département français, mais on pourrait faire rentrer l'Inde dan son espace maritime. À la fois un des plus petits et un des plus grands pays. Je ne peux pa résister à cette aberration géographique. Ajoutons que l'équateur et la ligne de changement de date se croisent aux Kiribati. On est donc en droit de considérer qu'il s'agit du centre du monde. » page 11

 

Julien Blanc-Gras, écrivain voyageur, « mécréant fornicateur, rationnel et imperméables aux fariboles bibliques auxquelles (il) concède toutefois une certaine puissance littéraire » est donc parti quelques mois à la découverte des Kiribati. C'est le récit de ce voyage qui vient de paraître au Livre de Poche.

Salué par la critique, apprécié par les lecteurs, Paradis (avant liquidation) est pour Éric Chevillard « un récit passionnant (…) un texte toujours surprenant qui nous apprend dix chose par page et nous informe, toutes sirènes hurlantes, sans nous donner de leçon. », pour Yann Moix « cette enquête journalistique est l’œuvre d'un écrivain ; il est rare que les deux talents se mélangent aussi merveilleusement. » et enfin pour Grégoire Leménager du Nouvel Observateur « c'est Nicolas Bouvier en short de bain qui aurait lu Desproges. »

 

Julien Blanc-Gras au Mozambique

 

Bon, avec ça, est-ce que j'ai vraiment besoin d'écrire autre chose ? Je vous avoue que, rentrant d'une semaine magique en Grèce, retrouvant la grisaille parisienne et ayant été quasi obligé de passer à la nouvelle version d'Over-Blog (pour le moment assez merdique), je n'ai pas envie de faire beaucoup d'efforts.

Ce que je peux vous dire, c'est que le quatrième livre de Julien Blanc-Gras est intelligent et intéressant aussi mais facile et agréable à lire.

L'auteur ne se contente pas seulement de parler des importants problèmes qu rencontrent la république des Kiribati et ses habitants, il nous fait aussi voyager pour le meilleur et pour le pire, et non sans humour. Puisque c'est l'été, privez-vous encore moins de cette lecture passionnante !

 

Julien Blanc-Gras, Paradis (avant liquidation), roman / récit de voyage, 190 pages, Au Diable Vauvert, mai 2013, 17 €, Le Livre de Poche, mai 2014, 6,10 € ****

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Musique (Michael Jackson / Flume / ALB / Alizée)

Publié le par Sébastien Almira

 

Michael Jackson, Xscape, 8 titres, Epic, mai 2014 **

Il paraît que huit nouveaux albums du King of Pop pourraient sortir dans les années qui viennent. Pour Xscape, en fait de 16 titres, ce sont 8 nouvelles chansons qui sont présentées en double : les versions originales enregistrées par le chanteur avant sa mort font suite aux mix produits par Timbaland, Stargate ou encore Justin Timberlake.

L'ensemble est assez inégal. Si le single Love never felt so good est agréable et plutôt bien produit, si Chicago est un très bon titre dans la lignée de ses tubes intemporels (qui ressemble toutefois beaucoup aux chansons de sa sœur Janet), si la balade Loving you n'est pas désagréable et si A place with no name est pas mal produite, les quatre titres suivants sont assez désagréables, parfois inaudibles et énervants. Et que dire de cet étrange titre, venant de Michael Jackson : Do you know where your children are ?

Quant aux versions originales, plus dépouillées musicalement, elles ressemblent à du Michael Jackson, la voix et le chant sont maîtriés de bout en bout, mais ça reste souvent anecdotique. A place with no name vaut le détour en originale et les titres de la fin sont moins désagréables sans pour autant casser des briques.

<3 Love never felt so good / Chicago / Loving you / A place with no name

 

 

 

Flume, Deluxe Edition, 2 CD + 2 DVD, Transgressive, novembre 2013 *****

J'ai longtemps attendu avant de parler de cet album découvert avant que certains des titres et remixes de Flume ne soient matraqués en radio.

Harley Edward Streten, à peine 22 ans, est déjà considéré comme un prodige de la musique électronique. Son album éponyme est d'abord sorti en Australie en 2012, il signe depuis avec les maisons de disque de plusieurs pays et fait désormais des ravages dans le monde entier avec sa fusion de hip-hop, électro et pop aux allures cool.

The #1 debut album (15 titres), « Scarily close to perfect 4,5/5 » pour le magazine Rolling Stone s'est enrichit dans cette version deluxe d'une mix tape de génie de 18 titres, d'un DVD de concert et d'un DVD de bonus. Si vous ne connaissez pas encore Holding on ou le fameux remix de You & Me de Disclosure, jetez-vous sur cette merveille !

<3 Holding On / Sleepless / Stay Close / What you need (album)

<3 Intro / Insane / Stay Close / You & Me / Hyperparadise (remixes)

 

 

 

ALB, Come out ! It's beautiful, 14 titres, SME France, avril 2014 ****

Après avoir fait découvrir le Photomaton de Jabberwocky grâce à la pub de la 208, Peugeot a remis le couvert en accompagnant la campagne mondiale de la 3008 avec Whispers under the moonlight et l'une des pubs 208 « let your body drive » avec le titre Golden Chains.

Deux titres qui sont à l'image du reste de l'album : de la pop, du rock, un peu de sons électroniques qui donnent un air un peu fou à un peu plus d'une dizaine de titres (l'album compte trois instrumentaux). Me faisant parfois penser à du Foster the People (premier album) pour le côté fou, joyeux et no prise de tête, le premier album solo du Français Clément Daquin (qui continue seul l'aventure ALB après l'album Mange Disque lorsqu'ils étaient encore trois) respire la fraîcheur et la joie de vivre. L'album va dans tous les sens, capable de passer de l'ombre à la lumière dans un même titre, à la manière de Queen (rien que ça).

Le gars s'amuse sur son disque (bruitages aléatoires, chœurs, sons originaux et production recherchée), ça se sent et ça se propage. Les inspirations et clins d’œil (Queen, Coldplay, The Beatles, etc.) ne manquent pas et l'ensemble, qui reste original, vous promet de passer un bel été, alors sortez (l'acheter), c'est magnifique !

<3 TOUS LES TITRES

 

 

 

Alizée, Blonde, 12 titres, Jive Epic, juin 2014 *

Découverte dans Graines de Star et lancée par le tandem Farmer/Boutonnat en 2000, Alizée est devenue une véritable star avec Moi Lolita, estival, dansant et coquin en France, Belgique et Suisse comme en Russie, au Japon ou encore au Mexique. Quatorze ans après, elle publie son sixième album, avec lequel elle espère bien renouer avec le succès d'antan. Pour ça, elle s'est notamment entourée de Pascal Obispo, Lionel Florence et Zazie.

Résultat surprenant, vu l'équipe : Blonde est un album léger, electro, énergique (bien que certaines chansons soient mollassonnes malgré une multitude de nappes de synthés) aux paroles, mélodies et musiques qui frisent souvent le ridicule (« Ma vie a changé, je suis comme une maison d'été ouverte et traversée par le soleil », « Je ne m'aime plus dans cette vieille version », « mon baptême de l'air, ce sont tes deux bras ouverts », etc.).

Si Blonde est un assez bon premier single, le reste de l'album est loin d'être à la hauteur d'une barre pourtant pas très haute. Et sérieusement, comment Zazie a pu composer L'amour renfort ?

<3 Blonde / Charles est stone (et encore...)

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Élise Fontenaille, Banksy et moi, roman à partir de 13 ans, 90 pages, Rouergue, doado, mai 2014, 9,20 € ****

Publié le par Sébastien Almira

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Quel est l'étrange pouvoir d'Élise Fontenaille, capable d'émerveiller le lecteur avec un rien, de magnifier un quotidien pas forcément banal mais pas vraiment extraordinaire, de faire rêver et voyager en quelques mots, quelques lignes ?

 

On devine qu'Ophélie, Somalienne, porte une lourde histoire. Chauffeur de taxi la nuit, elle fait de son mieux pour offrir à son fils Darwin une vie meilleur que la sienne. En toute circonstance, elle garde le sourire. Sauf lorsqu'elle regarde le mur de béton qui envahi la vue de la fenêtre.

Darwin vit plus agréablement que tous les étrangers dont il entend parler – dans la rue, à la télé aux infos, par Jibé, l'ami de la famille, qui fait du bénévolat dans les pays défavorisés, etc. –. Il ne mène pas une vie de roi, il ne fait que croiser sa mère au détour d'un délicieux repas concocté grâce à un des blogs culinaires de tout horizon qu'il suit attentivement, mais il ne se plaint de rien, il est heureux. Heureux et amoureux, d'une fille qui ne le sait évidemment pas, car Darwin est un grand timide.

 

« Elle a les cheveux courts en pétard, de grands yeux gris un peu fendus, étirés vers les tempes, elle s'habille toujours en noir. Elle est arrivée pendant l'année, elle parle à personne au lycée, elle dessine en cours, tout le temps même à la cantine, même à la cantine, à croire qu'elle est née un crayon à la main.

C'est beau ce qu'elle fait, elle de l'or entre les doigts, beau et barge : des enfants qui volent, des villes-monde qui s'élancent vers le ciel, des maisons dans les arbres, des hommes-fleurs de toutes les couleurs... » page 19

 

Et c'est comme ça que commence l'histoire : une nuit, quelqu'un a tagué une grande fresque sur le mur de béton devant chez Darwin, un graffeur anonyme qui pourrait bien être Banksy (le nom qu'il a donné à son rat!), le célèbre street art anglais. Ensuite, les choses sont tombées du ciel. Et des vertes et des pas mûres !

 

Les éditeurs du Rouergue ont un don pour trouver des auteurs qui ont un don. Car, incontestablement, Élise Fontenaille a un don pour raconter des histoires et après Les trois soeurs et le dictateur (article ici) et Le garçon qui volait des avions, elle signe une nouvelle merveille.

Après avoir lu Banksy et moi, vous n'aurez plus envie que de découvrir les autres livres de l'auteure, de taguer des murs pour sauver le monde et d'être le meilleur ami de ce Gavroche métisse contemporain qu'est Darwin !

 

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Vincent Cuvellier, Ma tronche en slip, roman à partir de 14 ans, 75 pages, Rouergue, doado, juin 2014, 8,70 € ****

Publié le par Sébastien Almira

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Benjamin a quinze ans et demi, il est plutôt beau gosse, bien foutu (sept ans de hockey, athlétisme depuis) et obsédé par les filles, mais il n'en a jamais touché une. Il pense avoir raté sa vie. Jusqu'au jour où une femme le mate littéralement dans la rue. Comme un animal en rut, il détaille la MILF, qu'il trouve bien bien bonne et, lorsqu'elle vient lui proposer de poser pour une séance photo (car Charlotte est chargée de repérer des futurs mannequins juniors), il se dit que la voie royale vient de s'ouvrir à lui : les filles, l'argent et peut-être le cinéma !

 

« - C'est lui ?

Personne ne répond et elle me fait signe de m'asseoir sur mon petit banc. Elle pose un tabouret devant moi et sort ses trucs de maquillage. Elle me touche.

- Bouge pas tout le temps, dis...

- Mais ça pique votre truc.

- Oui, mais si tu bouges, je vais te crever un œil.

OK. Je bouge plus.

Elle me maquille, me fout du blanc sur les joues, du noir sur les yeux, du gel dans les cheveux.

Elle me tend un miroir. Ah ouais ! C'est dingue. C'est moi mais c'est pas moi. C'est moi mais en beau gosse. En beau gosse un peu pd, quand même.

- C'est bon, il est prêt ? demande Charlotte.

La maquilleuse répond :

- Presque.

Elle prend un bout de coton, le mouille avec sa langue et m'essuie le bord des lèvres. Ouah. C'est comme si elle me roulait une pelle, mais de loin. Franchement, faut qu'elle arrête, je vais péter mon slip.

Ça y est. » pages 23-24

 

Benjamin est le narrateur et, vous l'avez compris, son langage est plutôt cru, voire bien gratiné. Un beau gosse, macho, obsédé sexuel qui a un problème de taille : il a peur des filles, il ne sait pas comment faire pour brancher la fille dont il est amoureux sans en connaître le nom. Et il est très drôle, parfois malgré lui. J'ai ri à gorge déployer (sans rire!) plusieurs fois.

 

C'est très court mais, en plus de l'humour et la crudité du langage qui devrait beaucoup plaire aux adolescents, le propos est assez intéressant, même si peu développé : est-ce qu'un beau gosse en slip placardé dans la ville entière pourra enfin se taper qui il veut ? Comment surmonter sa timidité et ses problèmes d'érection ? Comment parler à une fille? À quoi ça sert de se prendre la tête ?

C'est surtout une lecture plaisir, sans prise de tête, ni prétention, avec une bonne dose d'humour, sur un ado obsédé par les filles et le sexe (attention, on n'est toutefois très loin du porno). Et ça fonctionne très bien.

 

« Ça fait un mois que j'ai rencontré Charlotte, une semaine que j'ai reçu mon book et trois jours que je me suis pas branlé... je me dis que c'est raté et, en même temps, je me dis que c'est bon... c'est bizarre, j'ai vachement envie qu'ils me rappellent, de faire leurs photos, de gagner plein de fric, peut-être d'être acteur, attends, t'imagines, et en même temps, je m'en fous un peu... j'arrive pas à savoir. J'ai toujours trouvé ça débile, les mecs de mon âge qui passent à la télé, les beaux gosses, qui se la pètent, et tout, mais en même temps, si c'est moi le beau gosse qui se la pète, ça change tout. » pages 31-32

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Glen David Gold, Carter contre le Diable, roman, 810 pages, Super 8 Éditions, avril 2014, 22 € ***

Publié le par Sébastien Almira

 

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Cela fait des années que je n'ai pas lu un livre aussi gros que Carter contre le Diable, et même un livre de plus de 400 pages. C'est complètement con, je vous l'accorde, mais les gros livres me font peur. D'abord, j'ai tendance à vouloir aller au bout des livres, au cas où, même si je n'accroche pas, histoire de ne pas dire n'importe quoi dans mes articles. Ensuite, c'est vachement long quand même, et je vous rappelle que je suis une grosse feignasse. Enfin, en tant que libraire, ma satisfaction est immense dès que je peux dire « j'ai lu un nouveau livre ! », j'ai donc un meilleur rendement si je lis quatre livres de 200 pages qu'un de 800.

Mais Carter contre le Diable, qui partait pourtant avec une seconde tare : c'est un polar, me tentait beaucoup et je voulais voir ce que donnait et soutenir une nouvelle maison, Super 8 Éditions, petite sœur des éditions Sonatines, qui ne publiera que des romans (pour l'instant américains, aux allures de polar) dont les droits cinématographiques viennent d'être achetés.

 

Warren G. Harding, Président des États-Unis, termine sa « tournée de la compréhension » par une apparition au spectacle de Carter le Grand au Théâtre Curran de San Fransisco le jeudi 2 août 1923. Pendant la nuit, il meurt et on soupçonne le magicien et la femme du Président, mais à demi-mots pour cette dernière. Après une mise en place et un vague début d'enquête de quarante pages, Glen David Gold nous plonge dans l'enfance de Charles Carter. On découvre ainsi comment lui est venu le goût de la magie alors qu'il n'avait pas plus de sept ans, comment il est parvenu à ce que ses parents le laisse participer à une tournée de music-hall où il présentait quelques tours de cartes et autres B.A.BA de la magie payé au lance-pierre, puis son ascension fulgurante jusqu'à ce qu'il devienne Carter le Grand.

C'est le passage du livre qui m'a le plus passionné, deux-cent pages pendant lesquelles l'intrigue policière de 1923 n'existe plus. Seul compte Carter. Carter, sa vie, son œuvre ! On est plongé dans l'ambiance des années 10 et 20, l'âge d'or de l'illusion bientôt détrônée par le cinéma, l'invention par Carter de certains des plus grands tours de son époque, les premières automobiles, les bars clandestins où l'alcool coule à flot malgré la prohibition, etc.

Puis on revient en 1923 où l'agent Griffin est persuadé que Carter a assassiné le Président et tente par tous les moyens de le confondre.

 

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Mais la longueur aura eu raison de moi car, même si je n'ai rien trouvé véritablement ennuyeux, l'intrigue policière qui reprenait le dessus m'a dépassionné. Il n'y avait pas que ça car, finalement, je n'ai pas trouvé que Carter contre le Diable s'apparentait à un vrai roman policier. Certes, il y a une intrigue policière, mais c'est une enquête qui n'a étrangement pas l'air de passionner la police et qui s'enlise assez vite. Et puis la magie a encore une place importante, la vie de Carter aussi. J'aimais toujours ce que je lisais, mais il n'y avait plus l'engouement des débuts, un peu comme une relation qui s'essoufflerait, comme une sorte de lassitude.

 

« On sait comment fonctionnent quatre-vingt-dix-neuf pour cent de l'Univers, dit-il (Robert-Houdin) à Carter après leur rencontre. Ils forment les rouages de nos machines ? Mais c'est le un pour cent restant qui imprime son mouvement aux pendules. La force d'inertie. Personne ne sait comment ça marche, et pourtant ça marche. C'est la part du mystère. Le secret de notre Créateur. Accouplez l'énergie et l'inertie, l'explicable et l'inexplicable, et vous obtenez la magie, notre gagne-pain... » page 325

 

Malgré une partie qui m'a moins passionné, un style et une construction assez classiques, et somme toute assez peu de rebondissements (même si ceux que nous l'auteur ont été grandioses et inattendus pour moi), Carter contre le Diable est un très bon roman, à la croisée du polar, du fantastique et du biopic. Warren G. Harding a véritablement été le vingt-neuvième Président des États-Unis, conservateur dont le mandat n'aura duré que deux ans puisqu'il est mort le dernier jour de sa tournée de la Compréhension dans des circonstances aussi étranges que dans le roman, sa femme ayant été soupçonnée, et la version de Glen David Gold ayant été soutenue par plusieurs spécialistes. Charles Carter est également devenu Carter le Grand, un des plus grands magiciens de son temps, qui faisait notamment disparaître un éléphant de la scène. Certains de ses tours sont décrits dans le livre et on a l'impression d'y être.

Intéressant, parfois passionnant, très bien ficelé bien que classique (un style et une construction plus fantaisistes auraient peut-être mieux servi l'intrigue) , Carter contre le Diable sera bientôt adapté au cinéma avec Johnny Depp dans le rôle du magicien. Ça s'annonce grandiose !

 

« Si on devait lui reposer la question du colonel Starling, voici ce qu'il répondrait :

- Messieurs, j'ai réalisé beaucoup d'illusions qui sont à la fois exceptionnelles et originales.

Quand, Carter le Grand, avez-vous présenté pour la dernière fois une telle illusion ?

Récemment.

Mais quand ?

Ses yeux étincelèrent. Il lança à voix haute :

- J'ai bien peur de ne pouvoir vous répondre.

Sans tenir compte du conseil donné par Ledocq à propos des arbres que personne n'entend tomber, Carter avait réalisé un tour à l'insu du public. Ce qui rendait plus irritantes encore les piques de Starling. Non seulement son spectacle actuel n'était que du réchauffé, mais la seule et unique illusion intéressante s'était produite après le final, en coulisse. Personne n'en avait rien su, et nul ne devrait jamais rien en savoir. » pages 342-343

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