Chuck Palahniuk, Damnés, roman traduit de l'anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié, 290 pages, Sonatine, août 2014, 17 € ****

Publié le par Sébastien Almira

              


« Et n'allez PAS vous imaginer que la vie me manque. COMME SI ça allait me manquer, d'être obligée de grandir, d'avoir du sang qui coule de ma zigounette tous les mois, d'apprendre à conduire un véhicule à combustion interne fonctionnant aux énergies fossiles, de regarder des films interdits aux moins de 16 ans sans un parent ou un chaperon, puis de boire de la bière au tonneau, de gâcher quatre ans de ma vie pour décrocher un diplôme bidon en histoire de l'art avant qu'un mec quelconque me remplisse de sperme et que je sois obligée de trimballer un gros bébé dans mon ventre pendant presque une année entière. Zut alors ! – le sarcasme est intentionnel. Je rate vraiment quelque chose ! Et non, n'y voyez aucune amertume. Quand je regarde toutes les saloperies auxquelles j'échappe, il m'arrive de remercier le bon Dieu d'avoir fait une overdose. Et voilà, j'ai encore prononcé « Son » nom. Mince ! Je suis vraiment nulle. » page 109

Madison Spender a treize ans, elle est la fille de richissimes pontes du cinéma américain. Du genre à avoir plusieurs propriétés à travers le monde qu'ils prennent un malin plaisir à surveiller le jour comme la nuit afin de s'assurer que la bonne fait briller comme il faut le miroir de la salle de bain qui ne sera pas utilisé avant plusieurs mois et plusieurs autres nettoyages. Du genre à manger bio mais à se remplir de Xanax et de drogues en tout genre. Du genre à adopter dans les pays défavorisés des enfants qui seront montrés au monde entier avant de disparaître dans des internats suisses. Des parents qui « estimaient que (son) enfance devait être l'enfance qu'ils auraient rêvé d'avoir, fourmillante de sexe sans lendemain, de drogues récréatives et de rock. Avec tatouages et piercings. (…) Pour (ses) deux parents, le monde est une bataille pour attirer l'attention des autres, une guerre pour se faire entendre. » Des parents qui lui montrent, à treize ans, un extrait tiré d'un mauvais film pornographique pour lui expliquer que les bébés ne naissent plus dans les choux ou dans les roses (scène mémorable et hilarante, pages 156 à 159)


                        

« Il s'accroupit à côté du fauteuil et me met l'ordinateur de poche sous les yeux. Il fait coulisser l'écran et presse Ctrl, Alt, P. À l'écran apparaît notre salle multimédia de Prague. Il trifouille jusqu'à ce que la télévision emplisse l'écran du mini-ordinateur, puis tape Ctrl, Alt, L et fait défiler une liste de titres de films. Il sélectionne un film. Une seconde plus tard, l'écran de l'ordinateur s'emplit d'un enchevêtrement de bras et de jambes, de testicules qui pendouillent et de sein en silicone gélatineux.
Oui, je suis peut-être vierge, vierge et morte, et je ne connais rien à la sexualité passé le flou artistique des métaphores de Barbara Cartland, mais je sais reconnaître un faux nichon quand j'en vois un.
Cinématographiquement, la réalisation est atroce. Ils sont entre deux et vingt. Des hommes et des femmes qui s'empoignent, frénétiquement affairés à violer tous les orifices disponibles avec tous les doigts, phallus et langues dont ils disposent. Des corps humains entiers semblent disparaître dans d'autres corps. L'éclairage est effroyable, et le son a visiblement été doublé par des amateurs qui travaillent sans synopsis valable. Ce que j'ai devant moi ne ressemble pas tant à des relations sexuelles qu'à une fosse commune dont les occupants se tortilleraient encore, pas tout à fait morts mais déjà en décomposition.
Ma mère sourit. Elle désigne l'écran du menton et dit : « Tu comprends, Maddy ? C'est de là que viennent les bébés.
- Et l'herpès, ajoute mon père. »
pages 158-159

Mais à treize ans, ce n'est pas la seule découverte que va faire Maddy : elle, plutôt du genre « la fille grosse et intelligente dotée d'un cerveau brillant, la première de la classe qui porte des chaussettes toutes simples, solides, et qui se tient loin du terrain de volley-ball, des manucures et des gloussements », se retrouve en Enfer, persuadée d'avoir fait une overdose de marijuana.
Narratrice de Damnés, elle nous conte par le sommaire la vie au royaume de Satan qui se révèle n'être pas du gâteau, mais pas non plus seulement un enfer. « Non, ce n'est pas juste, mais si nous considérons que la Terre est un enfer, c'est parce que nous nous attendons à ce qu'elle soit un paradis. La Terre, c'est la Terre. La mort, c'est la mort. Vous pourrez le constater par vous-mêmes en temps voulu. Ça ne servirait à rien de vous tracasser exagérément. »( page 15)
N'empêche que vous saurez tout, ou presque, de la vie ici-bas. Des monstres mythologiques qui vous dévorent dans des conditions effroyables aux Grandes Plaines de lames de rasoirs et autre Grand Océan du sperme gâché, en passant par les deux métiers que vous serez bientôt contraints d'effectuer (d'où croyez-vous que sortent tous ces gens aux accents improbables qui vous appellent pour tout savoir de vos habitudes de consommation en matière de déodorants et autres chewing-gum?).
Et vous finirez par tout savoir, ou presque, de la courte vie de Maddy, qui remontera jusqu'au moment de sa mort, découvrant en même temps que nous, les vraies causes de son décès.

J'ai mis quelques pages à accrocher à Damnés. Les trente ou quarante premières, je les ai trouvées mal menées, mal écrites, pas agréables à lire. J'ai eu envie d'arrêter ma lecture, j'ai eu peur d'être déçu, après avoir été enthousiasmé il y a deux ans par l'explosif Snuff (article ici). Mais grand bien m'a pris de persévérer car j'ai rapidement retrouvé ce qui m'avait plu dans son dernier roman : une prose crue, un récit déjanté, un humour diabolique, une critique décapante du showbiz, des hautes sphères de la société, de la société de consommation.
L'auteur du mythique Fight Club a un don pour les histoires explosives et frappe fort une fois encore avec Damnés. Si vous n'avez pas peur de l'Enfer, survivez aux premières pages et vous mourrez de rire et de plaisir !

P.s. : le moment venu, emportez de bonnes chaussures et un stock de barres chocolatées, ça vous sera utile.




                        

« D'innombrables milliards d'hommes et de femmes braillent, désespèrent, crient leurs noms et leurs statuts de rois, de contribuables, de minorités persécutées ou de propriétaires fonciers. Ici, dans la cacophonie de l'Enfer, l'histoire de l'humanité se fracture en protestations individuelles. Ils exigent qu'on respecte leurs droits imprescriptibles. Ils insistent sur leur innocence vertueuse de chrétiens, de musulmans ou de juifs. De philanthropes ou de physiciens. De bienfaiteurs, de martyrs, de stars de cinéma, de militants politiques.
En Enfer, c'est notre attachement à une identité qui nous torture. » page 214

« À en croire Léonard, c'est la méthode de l'Enfer pour briser les gens – leur permettre d'aller de plus en plus loin dans leur connerie, les laisser devenir des caricatures teigneuses d'eux-mêmes qui connaissent de moins en moins de satisfaction, jusqu'à ce qu'ils comprennent enfin leur folie. Je médite à voix haute dans le téléphone : « Peut-être la seule leçon efficace qu'on tire de l'enfer. » » page 149

Voir les commentaires

Catherine Mavrikakis, La ballade d'Ali Baba, roman, 190 pages, Sabine Wespieser Éditeur, août 2014, 18 € ***

Publié le par Sébastien Almira

              

Erina, la narratrice, est auteure à succès et travaille dans une université. Son père, mort neuf mois plus tôt, a passé sa vie à raconter des histoires pour faire rire, plaire, séduire, avant de devenir « délirieux » selon les médecins. Mais voilà qu'Erina se retrouve face à ce séducteur fantasque de Vassili Papadopoulos désormais frêle vieillard dans les rues d'un Montréal balayé par une tempête de neige.

De manière entièrement décousue, Catherine Mavrikakis raconte l'histoire de Vassili de sa jeunesse à sa renaissance sous les yeux ébahis de sa fille. On revivra le départ de Rhodes et l'arrivée à Alger en 39 alors qu'il n'est qu'un enfant, New York où dès 57 il ira « faire l'Américain », les paysages insensés, violents sur le trajets des vacances entre Montréal et Key West en décembre 68 lorsqu'il emmène ses trois filles (Erina, alors âgée de 9 ans, et les jumelles Adriana et Alexia, 6 ans) voir l'océan pour la première fois, Las Vegas, deux ans plus tard, lorsqu'il se sert d'Erina comme faire-valoir aux tables des Casinos, les vacances en Europe en 66 (super chapitre d'ailleurs) ou encore Montréal en 2013 lorsqu'il revient d'entre les morts.


« Si mon père donnait le change, à tous et particulièrement à mes jeunes sœurs, depuis un an il n'avait plus aucun mystère pour moi. J'avais dans les derniers temps, depuis l'après-divorce et son installation définitive à New York, appris à interpréter ses actes ou ses paroles. Je décortiquais aisément le mécanisme de ses fanfaronnades et rodomontades dès qu'il avait tort, qu'il mentait ou encore qu'il voulait épater la galerie. » page 25

Au fil des pages, on apprend à connaître, nous aussi, le personnage de Vassili, les liens parfois forts, parfois décousus comme le récit, entre Erina et lui. Il y a un grand écart entre le rituel du samedi matin chez Waldman, où ils achetaient ensemble la « poiscaille » que sa mère détestait (c'est pour ça qu'elle restait dans la voiture avec les jumelles), les folies qu'ils mangeraient le soir devant Fernandel ou Colombo avant de commander une pizza pleine de pepperoni à minuit, et la scène du Casino où Erina est bien consciente du rôle que son père lui fait tenir. « Mais mort, comme vivant, on ne peut avoir de lieu à soi, ni de nostalgie » (page 150) est une phrase qui lui sied parfaitement.

Quelque peu invraisemblable du fait de la possible résurrection du père (on ne sait, au début, si elle rêve, si elle hallucine, si elle se trompe, s'il s'agit d'un fantôme ou d'une véritable renaissance), La ballade d'Ali Baba est néanmoins une très belle histoire, finalement assez réaliste. On croit à ce nous raconte Catherine Mavrikakis, on croit à tout. Elle nous emporte aux quatre coins de la planète et des dernières décennies avec une facilité, une tendresse et une beauté particulière.
Il y a cependant un point qui me chagrine et qui entache la beauté du roman, c'est l'écriture. Si la plupart du temps, la langue est belle et poétique, il y a quelques passages maladroits. À peine le roman commencé trouve-ton trop d'adjectifs, trop de compléments, trop d'indications, de lumière incandescente, de rayons impétueux du soleil et de clarté carmin. L'auteure en fait trop, et un paragraphe plus loin, les phrases sont envoûtantes. Puis les lourdeurs reviennent au galop. Le chapitre sur Alger est assez laborieux. On trouve énormément de redites (page 125 « Depuis, Vassili priait le Bon Dieu, comme les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul lui avaient appris à le faire. » et après quelques lignes expliquant pourquoi il prie : « Néanmoins, durant les moments de grande inquiétude, Vassili faisait comme on lui avait appris à l'orphelinat, il priait la Vierge des pieds-noirs et le petit Jésus de tout le monde », ou pages 82-83 « J'étais inquiète. Tant de questions se pressaient dans mon esprit... Où étions-nous ? L'ascenseur était-il bien en train de monter jusqu'au vingt-neuvième étage ainsi que je le percevais ? Nous entraînait-il plutôt vers l'infini céleste ? Ou allait-il s'engouffrer dans les entrailles de la Terre ? (...tatatatatata...) J'avançais, inquiète. Dans quel antre infernal devais-je me promener ainsi flanquée du fantôme de mon père ? (tatatatatata belotte, encore des questions sur Dieu, le ciel, l'enfer, etc.) quelques lignes plus loin, rebelotte, « Coincée quelque part entre la vie et la mort, saurais-je retrouver mon chemin parmi les vivants ? Reverrais-je un jour les étoiles ? Tatatatata », et j'en passe).

Alors, c'est tout de même un très beau récit, avec des passages savoureux et émouvants, une sorte de courte saga familiale décousue dans la construction et, malheureusement, dans l'écriture, ce qui gâche un peu le plaisir de lecture.

« Je passais chaque jour devant depuis la mort de mon père... Comment se pouvait-il que Vassili fût si proche de moi depuis son décès et comment étais-je arrivée à le pas le croiser ? » page 56


                                 

Voir les commentaires

Aurélien Delsaux, Madame Diogène, roman, 130 pages, Albin Michel, août 2014, 13,50 € ****

Publié le par Sébastien Almira

                         


« En vérité, quand ils se seront débarrassés d'elle, quand recommencera la guerre, quand tous se saigneront les uns les autres, ils s'endormiront dans les larmes, ceux-là qui chassaient l'araignée de leur séjour, mais dans leur cœur hébergeaient des scorpions. » page 110

Madame Diogène ne vit pas dans un tonneau, mais dans un appartement transformé en terrier. Depuis des lustres, elle y a accumulé des tombereaux d'immondices dont les effluves inquiètent et insupportent les voisins. Mais elle s'en fout royalement, elle préfère régner sur son domaine, ses tas de vieilleries, de déchets, d'animaux de toute sorte, observant de sa fenêtre l'effondrement et le chaos qui régissent monde extérieur, cette « ville qu'elle avait toujours trouvée laide et dont le ciel était la plupart du temps gris. » (page 32)


Ce n'est pas un roman de voyeurisme malsain, Aurélien Delsaux ne se contente pas de raconter les tas d'immondices d'une vieille qu'il ferait assurément passer pour une simple folle. Il ne porte pas de jugement sur elle « parce que justement elle est humaine. Si ces gens-là n'ont pas de place dans les romans, alors où est-ce qu'ils ont une place ? Elle peut paraître monstrueuse comme ça mais, en fait, elle est pleine de notre humanité et, j'allais même dire, elle nous rappelle notre humanité peut-être plus que nous-même quand nous sommes encravatés, parfumés. » (interview pour rentrée-littéraire.com)
Il parle de la solitude, de la folie, de la vie avec force et poésie. Dans les premières pages, on est presque ému par son écriture, à la fois belle et originale, dérangeante aussi, comme ce qu'il raconte. On plonge dans les entrailles du personnage, on le découvre, on pense l'apprivoiser, le connaître. Elle reste malgré tout toujours étrangère, on oscille entre la sympathie et la peine mais aussi la pitié et le dégoût.


« Elle relève la tête et jette un coup d’œil à ce qui reste visible du miroir et qui lui semble d'abord une autre eau, verticale.
Quelqu'un est là.
Elle y reconnaît la vieille. Encore là.
Elle la regarde dans les yeux. Elle en a peur. Elle a peur de cette présence furtive, qu'elle croise ici tous les jours, sans jamais vraiment s'y attendre. Après persistera l'impression que quelqu'un habite avec elle, la suit, d'un pas à peine, moins que d'un pas, que quelqu'un habite au-dedans d'elle, la suit, comme une ombre intérieure.
Elle a peur de ce regard qui, dès qu'elle passe là, dès qu'elle relève la tête, la regarde et la reconnaît. » pages 24-25

Premier roman étrange, dérangeant, malsain, Madame Diogène me fait penser ces romans-monstres Hygiène de l'assassin, Truismes ou plus récemment Corpus Christine. Tous des premiers romans : est-ce le signe d'un écrivain sur lequel il faudra compter ? Si le roman n'est pas indispensable, il est toutefois assez remarquable et l'écriture intéressante – malgré quelques maladresses (libertés d'auteurs ?) « Est-ce pas du chant de l'eau, est-ce pas de la nuit qu'elle a soif, d'une présence bleue – » (page 82) – pour qu'on y jette un œil et pour qu'on garde le second sur Aurélien Delsaux ces prochaines années.

                                            

Voir les commentaires

Amélie Nothomb, Pétronille, roman, 160 pages, Albin Michel, août 2014, 16,50 € ***

Publié le par Sébastien Almira

         


Comme chaque année, l'arrivée du nouveau roman d'Amélie Nothomb est le signe que la rentrée littéraire commence. Je vous livre donc comme premier article mon avis sur le fameux Pétronille.

Si j'ai parfois été acerbe en parlant d'Amélie Nothomb, c'est qu'on est plus facilement et plus intensément déçu par quelqu'un que l'on apprécie. En voyant arriver Pétronille, j'ai beaucoup espéré. Je l'ai choisi pour accompagner mon départ en Grèce, c'est dire si je faisais confiance à la Belge pour annoncer des vacances parfaites.

« L'ivresse ne s'improvise pas. Elle relève de l'art, qui exige don et souci. Boire au hasard ne mène nulle part.
Si la première cuite est miraculeuse, c'est uniquement grâce à la fameuse chance du débutant : par définition, elle ne se reproduira pas.(...)
Rien ne me désole plus que ces gens qui, au moment de goûter un grand vin, exigent de « manger un truc » : c'est une insulte à la nourriture et encore plus à la boisson. « Sinon, je deviens pompette », bredouillent-ils, aggravant leur cas. J'ai envie de leur suggérer d'arrêter de regarder de jolies filles : ils risqueraient d'être charmés.
 » pages 7-8

Nous connaissons bien la passion d'Amélie Nothomb pour le champagne. Après la découverte du goût et de l'ivresse, voilà qu'elle se met en quête d'un « compagnon ou d'une compagne de beuverie ». C'est cette quête, puis les bonheurs et les méandres de l'amitié, que la romancière raconte dans son vingt-troisième roman publié.
On est d'abord heureux (je suis) de retrouver son style inimitable : son art des dialogues, qui ne manquent jamais de mordant, son vocabulaire courant et soutenu à la fois, son sens de la formulation, enlevé et enjoué ; le tout saupoudré d'un peu plus de maturité que dans ses premiers livres, fait étonnant pour un roman que l'on pourrait qualifier de jeunes.
On est ensuite soulagé (je suis) d'être embarqué sans difficulté dans un nouvel épisode de sa vie, dédié au champagne et aux livres, mais aussi un peu au ski, à Londres et au communisme.
On est d'ailleurs agréablement surpris (je suis) par la nouveauté de faits racontés et de géographie parcourue. Amélie ne se cantonne plus au champagne et au chocolat, ni à la France et l'Asie.
D'autres remarqueront que, si ce n'est pas la première fois qu'elle parle d'une personne existante, celle-ci est cette fois connue. Pétronille est évidemment un prénom de plus à ajouter à la liste farfelue des personnages d'Amélie Nothomb, mais cette jeune lectrice, devenue amie et romancière, « ce glorieux soldat qui n'avait pas cherché à se protéger et qui, revenu amoché et victorieux du précédent combat, remontait au front de la littérature » (page 155), est une jeune romancière très appréciée d'Amélie. Elle a souvent défendu ses romans, dont vous trouverez les titres et les arguments de ventes nothombiens dans Pétronille !
D'aucuns pourront être déroutés par la facilité et le cynisme avec lesquels la romancière parle de son métier. Comme dans Une forme de vie (article ici), elle n'hésite pas à égratigner les conventions et les sages croyances du commun des mortels quant aux séances de dédicaces, aux lecteurs, aux auteurs, aux salons, etc. Elle n'hésite pas non plus à se moquer d'elle-même.

« Pétronille ne m'avait jamais aperçue dans ma tenue d'écriture (un genre de pyjama antinucléaire japonais) et je résolus de ne pas la traumatiser. Je traversai la chambre sur la pointe des pieds en direction de la salle de bains quand j'entendis :
- C'est quoi ce truc ?
- C'est moi.
Silence, suivi de :
- D'accord. C'est beaucoup plus grave que prévu.
- Je vais me changer, si vous voulez.
- Non, non. Si j'allume la lumière, ça prend feu ?
- Je vous en prie.
Elle s'exécuta et me regarda derechef.
- Ah, la couleur vaut le détour, elle aussi. Vous appelez comment ce coloris ?
- Kaki.
- Non. Kaki, c'est vert, et vous, vous êtes orange foncé.
- Justement, couleur du fruit nippon, le kaki. C'est mon costume d'écriture.
- Et ça donne de bons résultats ?
- Je vous laisse juge.
 » pages 74-75

Un Nothomb intéressant, agréable, (un peu) novateur, plus mature, toujours drôle et enlevé, c'est pas mal. Pétronille n'est pas inoubliable, mais c'est déjà ça de pris.



« L'exercice de la dédicace repose sur une ambiguïté fondamentale : personne ne sait ce que l'autre veut. Combien de journalistes m'ont-ils posé la question : « Qu'attendez-vous de ce genre de rencontres ? » À mon sens, l'interrogation est encore plus pertinente pour la partie adverse. À part les rares fétichistes pour qui la signature de l'auteur compte réellement, que viennent chercher les amateurs d'autographes ? Pour ma part, j'éprouve une curiosité profonde envers ceux qui viennent me voir. J'essaie de savoir qui ils sont et ce qu'ils veulent. Ce point n'aura jamais fini de me fasciner.
Aujourd'hui, la question est un peu moins mystérieuse. Je ne suis pas la seule à avoir remarqué que les plus jolies filles de Paris font la queue devant moi, et je remarque avec amusement que beaucoup de gens fréquentent mes dédicaces pour draguer ces beautés. Les circonstances sont idéales, car je dédicace à une lenteur accablante, les séducteurs ont donc tout leur temps.
 » page 16

« L'erreur serait de croire que le physique compterait seulement en amour. Pour la majorité des gens, à laquelle j'appartiens, le physique compte en amitié et même pour les relations les plus élémentaires. Je ne parle pas ici de beauté ni de laideur, je parle de cette chose si vague et si importante que l'on nomme physionomie. Au premier coup d’œil, il y a des êtres qu'on aime et des malheureux qu'on ne peut pas encadrer. Le nier serait une injustice supplémentaire. » page 19



En prime, voici une intreview vidéo d'Amélie Nothomb sur rentrée-littéraire.com

                   

Voir les commentaires

Découvertes de juillet (Lilly Wood & The Prick / Lykke Li / Cleo T)

Publié le par Sébastien Almira

                   

Lilly Wood & The Prick, The fight, 17 titres, Choke industry, 2014 (réèd.) ****
Groupe français de pop-rock-folk-electro utilisant l'anglais, Lilly Wood & The Prick a été sacré révélation du public aux Victoires de la Musique 2011 suite à leur premier album, Invicible friend. Porté le remix de Prayer C par Robin Schulz matraqué en radios et par la réédition de leur second album (11 titres + 1 titre bonus + 5 remixes), The Fight, le groupe est devenu un phénomène. Il faut dire que leur petite pop sans prétention et entièrement maison est parfaite pour l'été : agréable, de qualité, et universelle.
<3 Where I want to be (California) / Let's not pretend (malgré l'extrême ressemblance avec la précédente ; la liaison entre dernier refrain et premier couplet, c'est parfait hein...) / Middle of the night / Le Mas / Mistakes / Briquet

   

                   

Cleo T, Songs of Gold & Shadow, 13 titres, Modulor, Grand Palais, 2014 ****
Découverte plus obscure, Cleo T est un hybride. Entre Émilie Simon, Björk et Olivia Ruiz, elle se joue des codes en montant un cabaret baroque et sauvage, principalement en anglais, mais aussi en français et en italien. Accompagnée de piano, contrebasse, violoncelle, percussions, guitares, banjos, mandolines, trompette et même de loups hurlant à la lune, Cleo T nous emporte dans ses chansons loufoques qui sont tout autant d'histoires. Enregistré et produit par John Parish, producteur de PJ Harvey, ce cabaret rock, lyrique et folklorique a de quoi en surprendre plus d'un !
<3 I love me I love me not / We all / Song to the moon / Whistles in the night / Me & the ghost / Someday my prince will come (délicieusement rétro)

 

                   

Lykke Li, I never learn, 9 titres, Warner, 2014 ****
Lykke Li, pour tout le monde, c'est le remix de I follow river (Magician mix) qui passait en boucle sur toutes les radios et télés il y a deux ans. Quand, par hasard, j'ai écouté le troisième album de la Suédoise, j'ai découvert qu'il y avait bien plus intéressant derrière ce remix entêtant.
Fille d'artistes (mère photographe, père musicien), elle pose sa voix envoutante sur un mélange de pop, de soul et d'électro (léger) sourd et mélancolique. Elle qui pense qu'« à 26-27 ans, on n'est pas encore une femme mûre, plus du tout une enfant, on est tiraillée entre un avenir incertain et des blessures d'enfance loin d'être réglées » a « voulu retrouver, sans les excès, la puissance des slows des années 80 qui magnifiaient l'amour et faisaient pleurer des ados prêts à être transcendés par leurs sentiments. » (interview pour Télérama à lire ici). Il se dégage une force de ses chansons, grâce à l'intensité de sa voix, la rugosité du rock et le dépouillement du folk. Grâce à ses compositions sombres incluant basses lourdes, synthés, mais aussi cordes, tambourines, trompettes et saxophones.
Si Lykke Li ne parvient pas à s'imposer dans les charts, ses chansons sont régulièrement présentes dans des films ou séries (De rouille et d'os, La vie d'Adèle, Pretty Little Liars, Vampire Diaries, The Good Wife, Glee, etc.), elle écrit pour d'autres et chante sur le deuxième album de David Lynch. Découvrez sans attendre cette artiste hors du commun, c'est une drogue.
<3 I have learn / No rest for the wicked / Just like a dream / Silver line / Gunshot / Love me like I'm not made of stone

Voir les commentaires

Le cinéma de juillet 2014 (Albert à l'ouest / Zero Theorem / Sous les jupes des filles / Xenia)

Publié le par Sébastien Almira

                             

Albert à l'ouest, de et avec Seth MacFarlane, 2h ****
La couardise d'Albert au cours d'une fusillade donne à sa fiancée volage la bonne excuse pour le quitter et partir avec un autre. Une belle et mystérieuse inconnue arrive alors en ville et aide le pauvre Albert à enfin trouver du courage. Des sentiments s'immiscent entre ces deux nouveaux alliés, jusqu'au jour où le mari de la belle, un hors-la-loi célèbre, découvre le pot-aux-roses, et n'a plus qu'une idée en tête : se venger. Albert aura-t-il le courage nécessaire pour venir à bout du bandit ?
Fabuleuse farce western,comique et anachronique, Albert à l'ouest se boit comme du petit lait, c'est drôle sans être (trop) poussif, c'est original dans la forme et ça déménage.


                                       

Zero Theorem, de Terry Gillam, 1h40 *
Londres, dans un avenir proche. Les avancées technologiques ont placé le monde sous la surveillance d’une autorité invisible et toute-puissante : Management. Qohen Leth, génie de l’informatique, vit en reclus dans une chapelle abandonnée où il attend désespérément l’appel téléphonique qui lui apportera les réponses à toutes les questions qu’il se pose. Management le fait travailler sur un projet secret visant à décrypter le but de l’Existence – ou son absence de finalité – une bonne fois pour toutes.
Sans queue ni tête sur le fonds, Zero Theorem est en revanche réussi sur la forme. Ce futur Londres, mi-technologique, mi-pouilleux, est pétrifiant. Christoph Waltz fait du Christoph Waltz, et Terry Gillam signe un film perché qui peine à trouver un public.


                                        

Sous les jupes des filles, d'Audrey Dana, 1h50 **
Film de femmes et pour femmes, Sous les jupes des filles emploie une brochette d'actrices plus ou moins star et plus ou moins bien utilisées. Vanessa Paradis est insupportable tant physiquement que dans son rôle de connasse, Isabelle Adjani grimée en Cher fait de la peine à voir tant elle a du mal à bouger les muscles de son visage, Sylvie Testud est sous-exploitée, Alice Taglioni est bonasse de chez bonasse, Marina Hands et Géraldine Nakache sont parfaites, Julie Ferrier est extraordinaire et a dû prendre son pied à jouer son rôle de névrosée, Laetitia Casta est inutile et gonflée comme un hamster.
C'est drôle (de temps en temps), toutes ces histoires de femmes ne se valent pas, mais l'ensemble est sympathique à regarder, si on se met bien dans la tête que c'est un film de femmes visant un public majoritairement féminin, tranche d'âge 25-40 ans.


                                       

Xenia, de Panos H. Koutras, 2h ****
À la mort de leur mère, Dany et son frère Odysseas, 16 et 18 ans, prennent la route d’Athènes à Thessalonique pour retrouver leur père, un Grec qu’ils n’ont jamais connu. Albanais par leur mère, ils sont étrangers dans leur propre pays et veulent que ce père les reconnaisse pour obtenir la nationalité grecque. Dany et Ody se sont aussi promis de participer à un populaire concours de chant qui pourrait rendre leur vie meilleure.
Le réalisateur a tenu à ce que les deux rôles principaux soient joués par des non-acteurs, qui connaissent la situation puisqu'ils sont étrangers dans le pays où ils sont nés. Xenia est un superbe road trip grec avec certains plans d'une beauté surréaliste, quelques bonnes idées de mise en scène poétique (ah ! Le coup du lapin !), des personnages savoureux et une dure réalité entre la crise, la montée des extrêmes et les problèmes de nationalité des deux frères. J'ai failli m'ennuyer vers le milieu et ai finalement regretté que le film ne soit pas plus long, ne nous fasse pas visiter la Grèce plus longtemps, et qu'on ne reste pas plus avec ces deux frères auxquels on s'est attachés.

Voir les commentaires

Musique juillet (Christine and the Queens / La Roux / Mariah Carey)

Publié le par Sébastien Almira

                   

Christine and the Queens, Chaleur humaine, 11 titres, Because Music, 2014 ****
En devenant Christine and the Queens suite à une longue histoire que vous pourrez découvrir ici (long article très intéressant des Inrocks qui vous expliquera la genèse et bien d'autres choses encore), Héloïse Letissier est également devenue la révélation pop française de l'année. Mêlant français et anglais, pop et R'n'B, Christophe et Kanye West (Paradis Perdus), elle a entièrement écrit, composé, arrangé, interprété et réalisé l'album, à l'exception de la reprise sus-citée. Ash Workman, à qui l'on doit le dernier Metronomy, est à la production.
Le résultat est détonnant, mélancolique, puissant, torturé, élégant, inventif, émouvant. Pop, R'n'B, variété, électro, tout se bouscule. Ses influences vont de Mickaël Jackson à Gainsbourg en passant par Drake, Kanye West, Bashung, Beyoncé et Virginia Woolf. Car la musique subtile et mature, la voix forte et hypnotique, les mélodies sombres et enivrantes, ne sont pas les seules qualités de ce premier album. C'est souvent à ça que s'arrêtent les artistes qui émergent, mais Christine travaille également ses textes ; mêlant habilement français et anglais, elle livre des textes poétiques et littéraires. Rien n'est à jeter, mais quelques titres sont un peu en deçà des autres.
Magnifique premier album, peut-être un peu trop homogène, d'une artiste qui n'hésite pas à chanter des textes littéraires sur de la pop branchée avec un phrasé très influencé par la musique R'nB.
<3 It / Saint Claude / Christine / Science fiction / Paradis perdus / Ugly-Pretty / Nuit 17 à 52 / Here

             

 

                   

La Roux, Trouble in Paradise, 9 titres, Polydor, 2014 **
Je ne connaissais La Roux que de nom lorsque le premier extrait du deuxième album du groupe désormais décomposé, Let me down gently, est arrivé sur le net. Je suis tombé sous le charme de ce morceau mid-tempo électro-rétro mélancolique. Puis est arrivé Uptight Downtown, très bon titre, un peu plus énergique que le premier extrait mais très ressemblant. Cependant, je me disais que c'était superbe et j'attendais l'album avec impatience.
Le problème, c'est que la ressemblance entre les morceaux court sur tout le disque, des compos et des mélodies très similaires, une ambiance électro-pop rétro, groovy et mollassonne qui finit par être pesante (du genre qui vous donne une boule au ventre). C'est sympathique une fois, deux fois, mais à force, Trouble in Paradise ne m'a pas du tout convaincu.
<3 Uptight Downtown / Silent Partner / Let me down gently

 

 

 

                   

Mariah Carey, Me. I am Mariah... The elusive chanteuse, 17 titres, Def Jam, 2014 ***
Si depuis quelques années Mariah Carey n'est plus considérée que comme une diva has been qui fait de la daube, il y avait toujours quelques bons morceaux dans ses albums. Il en est de même dans ce pot pourri à l'esthétique et aux sonorités léchés. On passe rapidement sur les affreuses photos retouchées qui jalonnent le livret et la promo de Me. I am Mariah... The elusive chanteuse. On passera aussi sur ce titre prétentieux et ridicule.
Là où je suis le plus agréablement surpris, c'est du côté des titres dansants et/ou collaborations avec des rappeurs. Habituellement, je trouve les siennes bling-bling, ridicules et bourrins à mort, mais je dois avouer que je trouve Thirsty (R'n'B), Make it look good (soul, gospel), You don't know what to do avec Wale (véritable tuerie R'n'B funky qui donne furieusement envie de claquer des doigts et /ou taper dans les mains et/ou remuer son cul), Meteorite ou encore Money avec Fabolous très réussies. Le duo avec Miguel, Beautiful, seul single de l'album qui a marché (passons sur la promo catastrophique qui consistait à attendre un tube pour sortir l'album depuis plus d'un an), est un très bon titre, un mid tempo R'n'B classe où la chanteuse n'en fait jamais trop, où les voix se marient bien.
En revanche, c'est du côté des ballades que ça pêche un peu. Cry, le titre d'ouverture, et Camouflage, sont soul et sobres, mais peu dispensables et pas inoubliables. La classique You're mine (eternal) et le gospel Heavenly sont pas mal, comme la sobre reprise One more try de George Michaël et The art of letting go mais où sont les fabuleux Without you, My all, Whenever you call ou plus récemment We belong together ? Pourquoi la fabuleuse Almost Home, titre du film Le monde fantastique de Oz, a été écartée de l'album ?!
Quelques autres titres comme Faded, Dedicated, Supernatural, It's a wrap avec Mary J Blige ou Betcha Gon' Know avec R Kelly sont fades, voire soporifiques à souhait.
Voilà donc un album où se mêlent de très bons titres à d'autres clairement mauvais, entre soul et R'n'B, un album qui vaut le coup pour les fans, ou pour les quelques titres suivants, qui ne mérite pas d'être le pire démarrage de sa carrière mais on est quand même bien loin de Music Box et Butterfly.
<3 Beautiful (ft. Miguel) / Thirsty / Make it look good / You're mine (eternal) / You don't know what to do (ft. Wale) / Meteorite / Money (ft. Fabolous) / Heavenly

Voir les commentaires

Rentrée littéraire 2014

Publié le par Sébastien Almira

Rentrée littéraire 2014

Alors que l'été commence à peine, voilà que déjà s'approche à grands pas la rentrée littéraire de septembre, et avec la rentrée scolaire.
Si les résultats du bac 2014 étaient en hausse, les éditeurs ont également mis les bouchées doubles puisque la production automnale est passée de 555 romans en 2013 à 607 cette année. Cinq romans étrangers et une cinquantaine de romans français de plus, mais onze premiers romans de moins.

Livres Hebdo, en bon professionnel, parle de « rentrée resserrée, à peine plus élevée que l'an dernier ». À peine, oui... Alors qu'on pensait que la baisse de 2013 ferait figure d'exemple, voilà qu'ils en mettent de nouveau plein les tables, avec une grosse majorité de (au choix) merde sans nom / passera inaperçu malgré un nom / l'éditeur l'oubliera une fois publié / tout le monde s'en foutra / les quatre à la fois. Une majorité de romans qui passeront, de fait, à la trappe.

Il y a des éditeurs qui ont compris la leçon, d'autres pas. Au Seuil, la production a réellement été resserrée : 6 romans français, 3 étrangers. Chez Flammarion et Actes Sud, acte aussi puisque ce sont 7 romans français qui paraîtront à la rentrée.

Olivier Nora, PDG de Grasset, parle de « rentrée sous tension » mais n'a pas semblé y faire attention puisqu'il publie 16 romans. Même son de cloche chez Gallimard avec plus d'une vingtaine. Quand on sait l'accompagnement des auteurs et des livres chez la prestigieuse maison, quand on voit le nombre de romans inconnus qui arrivent par deux ou trois sur nos tables (et on déjà bien gentil), qui sont débarqués en rayon un ou deux mois plus tard faute de place et qui partent petit à petit au retour sans que personne ne s'en soit préoccupé, on se demande pourquoi Gallimard continue de publier autant de livres.
 

          

On n'a pas la même valeur de la prudence partout car, si certains ont choisi de faire une moins grosse rentrée en quantité mais ont ciblé avec soin les quelques romans qu'ils nous feront découvrir, d'autres jouent la sécurité en publiant moins de premiers romans et plus de grands noms.
Ainsi, vous aurez le plaisir (ou pas) de retrouver Emmanuel Carrère, Olivier Adam, David Foenkinos, Frédéric Beigbéder, Patrick Deville, Eric Reinhardt, Grégoire Delacourt, Laurent Mauvignier, Jean-Marie Blas de Roblès, Fouad Laroui, Alice Ferney, Franck Pavloff, Simonetta Greggio, Pascal Quignard, Bernard-Henry Lévy, Catherine Cusset, François Vallejo et bien entendu Amélie Nothomb chez les auteurs nationaux.
Côté étranger, vous aurez le choix entre Thomas Pynchon, Antonio Tabucchi, Alice Munro, Siri Hustvedt, Haruki Murakami, Craig Davidson, Margaret Atwood ou encore Charlie Chaplin !

Une fois de plus, il faudra faire le tri assez drastiquement et complètement subjectivement pour savoir quoi lire. Pour certains livres, on aura eu bien raison mais pour d'autres ce sera la déception, l'ennui, l'énervement, la poubelle.
Et au milieu de ce grand capharnaüm, je vous ferai partager mes lectures. Vous découvrirez des surprises et des confirmations comme des déceptions. La chasse aux coups de cœur et aux coups de gueule étant imminente, je m'en retourne à mes lectures car je n'en suis qu'à la cinquième de cette nouvelle rentrée.
D'ici-là, portez-vous bien, continuez de lire et si vous manquez d'idées pour vos lectures estivales, c'est ici que ça se passe !

Voir les commentaires

Lesctures estivales

Publié le par Sébastien Almira

Comme l'année dernière, et l'année précédente, et après je me souviens plus, je vous ai concocté (avec un peu de retard, certes) une liste de suggestions de lectures estivales. Non, ne me remerciez pas, j'aime travailler gratuitement !

 

LITTÉRATURE ADULTE

 

Swamplandia, Karen Russell, traduit de l'américain, 470 pages, Livre de Poche, 7,60 € **** (article)

Un premier haut en couleurs bien que traversé par la perte (d'une mère / épouse / star de l'entreprise), la chute (de ladite entreprise) et la fuite (de presque toute la famille). La petite dernière, Ava, tente par tous les moyens de redonner vie au parc d'attraction familial dont le thème, original, est le crocodile. Pendant ce temps, le reste de la famille se barre, de l'île et en sucette.

Original, décalé, truculent, merveilleux, dans l'histoire et l'atmosphère comme dans la construction et l'écriture, Swamplandia est un roman à ne pas rater !

 

Parce que tu me plais, Fabien Prade, 80 pages, Points, 4,80 € *** (article)

Théo, glandeur professionnel parisien, tombe sous le charme de Diane, rencontrée dans la rue. Problème, Diane est promise à Max, et l'infidélité ne fait partie ni de ses projets, ni même de ses envies. Leur voie est toute tracée, entre grandes écoles, métiers prestigieux, appartement grand luxe, et Théo ne peut s'empêcher de foutre son nez dans leur histoire.

Premier roman aux allures beigbédiennes, Parce que tu me plais paraît au premier abord banal et se révèle finalement bien agréable et assez surprenant.

 

Dolfi et Marilyn, François Saintonge, 300 pages, Pocket, 7,30 € **** (article)

Extraordinaire roman publié sous pseudonyme, Dolfi et Marilyn se passe en 2060. Tycho Mercier, historien, se retrouve bien malgré lui avec un clone illégal d'Adolf Hitler et un clone de contrefaçon de Marilyn Monroe sur les bras. Tant philosophique que rocambolesque, ce roman m'a passionné et je suis sûr qu'il en fera de même avec certains d'entre vous !

 

Paradis (avant liquidation), Julien Blanc-Gras, 190 pages, Livre de Poche, 6,10 € **** (article)

C'est le récit de ses aventures en République des Kiribati que nous livre l'écrivain-voyageur Julien Blanc-Gras. Ce pays à la surface terrestre plus petite qu'un département français et à la surface maritime dans laquelle on pourrait mettre l'Inde est en voie de disparition, d'engloutissement plus exactement. Un récit de voyage drôle et intéressant qui accompagnera votre été en Ardèche, à Tahiti, au Brésil ou encore en Norvège, et pourquoi pas aux Kiribati !

 

Si vous avez de la place pour des livres plus gros, vous pouvez aussi emporter dan vos valises, ou dans votre jardin, Quatre murs de Kéthévane Davrichewy chez Sabine Wespisier (article ici), La Maison Atlantique de Philippe Besson chez Julliard (article ici) et l'imposant polar Carter contre le diable de Glen David Gold chez Super 8 Éditions (article ici).

 

 

 

BANDE DESSINÉES

 

Les vieux fourneaux, tome 1, Lupano et Cauuet, 55 pages, Dargaud, 11,99 € ****

Trois septuagénaires se lancent dans un road-trip rocambolesque : Antoine vient de perdre sa femme quand il apprend qu'elle l'a trompé, il y a quarante ans, avec son patron. Il décide de commettre un crime passionnel rétroactif et ses amis tentent de l'en dissuader.

Prix des libraires BD 2014, et je vous assure que c'est pas volé. Un premier tome terriblement humain, drôle et frais.

 

Shelley et/ou Chamisso, Vandermeulen et Casenave, 270 et 240 pages, Le Lombard, 22,50 € chacun *****

Deux belles BD à garder et à offrir sur la vie de deux auteurs romantiques plus ou moins connus. Peut-être que celle de Chamisso est plus passionnante et plus originale puisqu'on connait très peu l'homme, mais les deux sont extraordinaires. Mêlant éléments biographiques, faits tirés des romans des principaux intéressés et inventions des auteurs Vandermeulen et Caenave, ces deux premiers tomes (Nerval suivra) raviront les fanas de BD et de littérature. Lecture intéressante, farfelue et agréable.

 

 

 

ROMANS ADO

 

Les Autodafeurs, tome 1, Marine Carteron, 330 pages, Rouergue, 14 € ***** (article)

Le premier tome génialissime (et je pèse mes mots) de la trilogie Les Autodafeurs entraîne le lecteur, du petit-fils de onze ans (bon lecteur) à la grand-mère (et inversement), dans un tourbillon d'aventure, de suspense, d'Histoire et d'humour. Énorme coup de cœur pour moi, qui fonctionne aussi sur mes lecteurs ados. Page-turner assuré !

 

A comme Aujourd'hui, David Levithan, 370 pages, Les Grandes Personnes, 17 € ***** (article)

Chaque jour, A change de corps et donc de personnalité. Il s'est habitué à cette situation, se fixant pour règle de ne jamais s'attacher. Jusqu'au jour il tombe amoureux de la petite amie du garçon dans lequel il est. Mais comment avouer sa flamme à quelqu'un lorsqu'on n'a pas d'apparence propre, lorsque chaque jour on devient un ou une autre ? A est prêt à tout et je vous assure qu'on s'attache très très vite à A, qu'on ne peut plus lâcher ce roman bouleversant, avec une galerie de personnages forcément infinie. C'est réellement merveilleux, le genre de livre qui vous donne envie de vivre.

 

Voir les commentaires

Nouvelle version

Publié le par Sébastien Almira

Bonjour à tous,

Puisque je suis passé à la nouvelle version d'Over-Blog et que je ne peux malheureusement pas revenir en arrière, je vais tâcher de tout arranger petit à petit. Car, comme vous pouvez/pourrez le constater, ce n'est pas très au point, il y a de grands changements, pas forcément les meilleurs, et je dois adapter pas mal de choses pour que le blog retrouve une gueule normale. *

Veuillez m'en excuser par avance. Et sachez que la publication des articles continuera malgré tout à peu près normalement. Enfin, à une fréquence estivale. ^^

Bel été à tous et à bientôt sur le blog !

Sébastien Almira

 

* par exemple, si je saute une ligne, il en saute deux sur l'article visible par vous.

par exemple, je ne peux pas centrer une photo, il faut que je gère l'espacement à la main, à l'ancienne.

> du coup, je vais devoir reprendre chaque article, un par un, pour supprimer les doubles sauts de ligne, changer la couleur de texte et centrer chaque photo...

par exemple, je ne peux pas changer la police du menu.

par exemple, je ne peux pas voir les statistiques par article par jour, savoir quels articles ont été les plus lus tel jour, et non pas sur le mois comme c'est déormais le cas.

par exemple, je suis juste allé à la ligné à la fin de chaque phrase, et vous vous retrouvez avec des sauts de ligne. Et c'est juste hyper moche.

par exemple, je dois cliquer sur une petite icône pour envoyer la newsletter à chaque publication. Ce n'est plus automatique, et je sens que je vais souvent oublier.

par exemple, je vous en passe d'autres.

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 > >>

Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog