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Un nouveau départ...

Publié le par Sébastien Almira

Un nouveau départ...

Comme certains l'auront remarqué, puisque vous êtes toujours nombreux à venir lire 1,38 page par jour en moyenne : cela fait un moment que je n'ai rien publié sur le blog. Plus que des semaines, des mois. Les articles les plus lus ne sont d'ailleurs pas forcément (que) les plus récents, ce qui montre que vous êtes autant d'habitués avide de nouveaux articles que d'inconnus venus glaner des informations sur un livre (la plupart du temps), un film ou un disque précis.

La raison de ce vide est la même que lors de mes précédentes périodes d'abstinence : la flemme. Quelle c****, celle-là...
Sauf que, cette fois, la flemme a pris racine. Sauf que, cette fois, l'envie d'écrire ne me reprend pas. L'envie de partager mes coups de cœur et mes coups de griffe avec vous, oui, mais celle de l'écrire, non, l'envie de passer deux ou trois heures sur un article entre la rédaction, la pêche à la photo, la mise en page et les corrections, non.

On m'a récemment soumis une idée à laquelle j'étais réfractaire il n'y a pas si longtemps : Twitter.
Alors, puisque c'est la flemme qui m'empêche d'écrire, et non le manque d'envie de partager, pourquoi ne pas le faire de façon moins formelle en publiant une photo avec toute petite phrases de rien du tout, ce qui me prendra trente secondes montre en main, sans aucun problème de mise en page avec une super nouvelle version d'une plate-forme de blog à la mords-moi-le-noeud ?

Voilà, je me suis laissé tenter, ça me paraît encore brouillon et vaporeux comme concept, mais c'est lancé.
Je n'ai pas décidé de fermer le blog au profit de l'oiseau bleu. Il se peut que je revienne un jour à une forme de blog qui me conviendra mieux, sans Twitter, ou à cette forme-là qui me manquera. Le blog reste en tout cas ouvert et vivant. Ce qui est là y restera et il n'est pas impossible que j'y publie à nouveau des articles, plus irrégulièrement que je ne devrais le faire sur Twitter cela dit.

Alors pour ceux qui veulent me suivre sur Twitter, ça se passe ICI : https://twitter.com/LireVoirEcouter ou en tapant LireVoirEcouter ou Sébastien Almira.

 

À bientôt !

Sébastien

 

                                     

 

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Brit Awards 2015

Publié le par Sébastien Almira

Brit Awards 2015

Brit Awards 2015, 25/02/2015
Rediffusion sur Virgin Radio TV ce soir, 27/02/2015 et sur MCM vendredi 13/03/2015



Pour la première fois, avant-hier soir, j'ai regardé la cérémonie des Brit Awards, la trente-cinquième, à l'O2 Arena de Londres. Force est de constater que la France fait pale figure, avec ses NRJ Music Awards remplis de pseudo stars commerciales qui gagnent des prix face aux trop rares vrais artistes nominés et avec ses Victoires de la Musique dont tout le monde se fout tant l'ennui guette.

Le show est au rendez-vous. Même si ils en font un peu trop, à l'américaine, les présentateurs sont présents et présentent bien. L'O2 fait passer le Midem de Cannes pour une vulgaire salle des fêtes, la configuration et la déco faisant penser à un grand gala, les moyens et effets mis en place pour les prestations semblant sortis d'une super-production américaine.

Les nominations prouvent encore une fois que l'Angleterre surclasse la France en matière de musique. Leurs artistes commerciaux font figure de grands artistes à côté de nos habituels nominés aux NRJ Music Awards (qui a parlé de Jennifer, M Pokora, Shy'm, tal ou encore Keen'V ?).
En France, jamais un groupe comme Royal Blood n'aurait remporté le prix de meilleur groupe (britannique, en l’occurrence) face à One Direction, Coldplay et Clean Bandit, ni Paloma Faith celui de meilleure artiste féminine (britannique encore) face à des artistes qui, après un bien trop court extrait, peuvent paraître comme plus commerciales.
Sam Smith, après sont triomphe aux Grammy il y a peu, a été sacré révélation britannique et récompensé comme l'artiste au plus gros succès de 2014, mais s'est incliné face à Ed Sheeran pour les prix de l'artiste masculin et l'album britanniques de l'année.
Le Prix des Critiques est allé à James Bay, au détriment de Years & Years et George the Poet tandis que Paul Epworth a été sacré meilleur producteur britannique. Il a travaillé en 2014 avec Coldplay, U2, Foster the People, FKA Twigs, Glass Animals, Lana del Rey et Lorde.
Dans la catégorie meilleur single britannique, face à pas mal de sérieux concurrents, c'est Mark Ronson pour son featuring avec Bruno Mars, le tubesque Upton Funk, qui a été sacré. Enfin le clip britannique de l'année est You & I des One Direction.
Côté international, Pharell Williams, Taylor Swift (face à Beyoncé, Sia, St Vincent et Lana del Rey) et les Foo Fighters ont été couronnés artiste masculin, féminine et groupe de l'année.

Côté prestations, c'est Taylor Swift qui a ouvert les hostilités avant que Sam Smith, Kanye West, George Ezra ou encore Royal Blood ne se presséent sur la scène. Ce sont les deux artistes britanniques de l'année Ed Sheeran et Paloma Faith qui ont livré, pour moi, les meilleurs prestations de la soirée. Le premier en interprétant, seul sur scène, une version haute en couleur de son titre Bloodstream, la seconde en livrant une prestation de toute beauté sur la ballade Only love can hurt like this. On peut toutefois regretter une faible proportion de musique sur scène. Beaucoup de parlotte comme dans les talk-show à l'américaine, beaucoup de stars, et plus de remise de prix que de titres chantés. Dommage pour une soirée célébrant la musique.

Madonna, elle, était annoncée comme le morceau de bravoure de la soirée. Elle n'avait pas chanté aux Brit Awards depuis vingt ans et faisait la promo de son nouvel album Rebel Heart (critique ici) en interprétant le scénarisé et chorégraphié Living for love. Si l'esthétique et la scénographie étaient intéressants, surtout dans une émission de remise de prix, elle n'était pas du tout à la hauteur vocalement. La faute à sa lourde chute (du bas de l'escalier, dans son dos, les danseurs tirent la cape que Madonna ne parvenait pas à décrocher, elle est tombée avec) qui l'aura certainement déstabilisée. On peut lui reconnaître qu'elle a poursuivi sa prestation (presque) comme si de rien était, mais la magie n'était pas vraiment au rendez-vous, entre une choré souvent ridicule (malgré la scénographie), les sourires botoxés et la voix bien trop essoufflée et maladroite.
Drôle de clôture pour une soirée pareille.

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Cécile Coulon, Les grandes villes n'existent pas, essai, 90 pages, Seuil, Raconter la vie, janvier 2015, 7,90 € ****

Publié le par Sébastien Almira

                          

« C'est joli, mais je n'y vivrais pas. », « On comprend pourquoi ça ne coûte pas cher d'investir dans la pierre. », « Ici, c'est le paradis pour les enfants, l'enfer pour les adolescents. » Voilà quelques-unes des phrases que Cécile Coulon et quinze autres millions de Français entendent régulièrement à propos de leur village.
C'est en quelques sortes pour leur rendre hommage qu'elle publie ce texte chez Raconter la vie au Seuil. Une manière de tordre le cou aux clichés sur ceux qu'on appelle bien volontiers des bouseux.

Articulé en quelques chapitres autour du village, de la rue, du stade, de l'école, de l'église, du bar, de la boulangerie et de la salle des fêtes, le livre se veut hybride entre l'essai, le témoignage et l'autobiographie. En quatre-vingt dix pages bien branlées, Cécile Coulon déroule son texte plus descriptif qu'argumentaire. C'est l'anecdote qui devient l'argument. La preuve que vivre « à la campagne », qui n'en est pas vraiment une, n'a rien de suicidaire.

Si le dehors est primordial pour la jeunesse, la rue, le stade, la forêt, qui permettent de s'évader, de grandir, de vivre, le bar et la boulangerie sont le centre névralgique d'un village.
« Une boulangerie qui ferme et le village meurt, comme un malade devient cadavre après avoir rendu son dernier soupir. Il n'y a plus rien à en tirer, à part les résidences secondaires que les propriétaires ouvrent deux semaines en été sans savoir comment entretenir la chaudière et couper la haie qui dévore le chemin communal. Quand il n'y a plus de café ni de boulangerie, ça veut dire que l'endroit où vous êtes né, où vous avez grandi, joué, crié, pleuré, ri, est devenu le dortoir des gens qui rachètent les demeures de maître, les maisons de bourgs et les chalets pour en profiter l'été, quand il fait trop chaud pour que les rues soient animées. » page 86
J'ai grandi dans un (super) village, de 3000 habitants, et j'ai reconnu des situations, des ambiances, des ressemblances et je peux vous confirmer l'importance d'un bar et d'une boulangerie !


Cécile Coulon raconte aussi l'école, le collège, plus loin, le lycée, plus loin encore. Elle raconte l'autonomie quand un enfant va acheter le pain seul la première fois, l'âge adulte non pas à dix-huit ans mais à la délivrance du petit papier rose, le permis de conduire, le permis de sortir de la ville, le permis de s'émanciper. Elle raconte la peur des parents à ce moment-là car, si pour les jeunes le permis veut dire liberté, pour les parents il veut dire danger. Elle raconte la solidarité et l'entente entre voisins, dans la rue, à la maison, comme lors des fêtes du village à la salle polyvalente. Elle raconte la vie, même si elle s'en défend. En tout cas la vie d'un village, la vie dans les grandes lignes de ces habitant dont on ne parle que dans le journal régional. Elle raconte qu'il est possible de vivre comme ça. Et à vrai dire c'est bien comme ça que presque tout le monde vivait il y a quelques décennies.

« Ma meilleure amie habitait à cinq kilomètres de la maison de mes parents. Je montais chez elle à vélo, ou à pied. Mais la première fois qu'elle est venue me chercher en scooter pour aller voir, à une quinzaine de kilomètres, une fille du collège que nous appréciions, ce fut comme si ma notion du temps, de la distance, de mon statut, cette image de moi-même que je voulais donner pour recevoir un respect qu'on met des années à gagner sans comprendre qu'il n'existe pas, changeaient en quelques minutes. Nous pouvions bouger, nous déplacer, frimer aussi, nous échapper et prendre le pouvoir en étendant nos connaissances géographiques, en traversant des bleds que d'autres ne connaissaient que de nom, privilèges jusqu'ici réservés à nos parents, qui décidaient seuls des limites routières que nous pouvions franchir ou non. » pages 64-65

Sans se soucier des qu'en-dira-t-on, sans verser dans la défense acharnée de la vie en village, Cécile Coulon livre un bel hommage à une population moquée quand elle n'est pas oubliée. En dressant le positif comme le négatif, les souvenirs comme les vérités générales, de manière acerbe autant qu'attendrissante, l'auteure du Rire du Grand Blessé et du Cœur du Pélican réussit encore une fois son coup.


« « La vie, la vraie » n'existe pas ; la vérité n'est jamais singulière, régulière, la réalité non plus et c'est pourquoi j'ai écrit ce texte. Je ne peux pas raconter la vie, je peux simplement en décrire quelques-unes, avec les défauts, les partis pris, les omissions et les ornements que l'écriture, la mémoire et les sensations des autres imposent. » page 99


                                

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MADONNA, REBEL HEART, sortie 6 mars 2015, 25 titres ***

Publié le par Sébastien Almira

MADONNA, REBEL HEART, sortie 6 mars 2015, 25 titres ***

Pour son retour après les flops de Hard Candy et MDNA, Madonna a voulu faire les choses en grand en invitant toute une tripotée de stars en studio. Ainsi vous croiserez sur ce nouvel album Avicii (Tim Berling dans les crédits), Alicia Keys, Diplo (Thomas Wesley Pentz), MNEK (Uzo Emenik), Kanye West, Natalia Kills, Mike Tyson, MoZella (Maureen McDonald, présente sur au moins huit morceaux de l'album et qui avait notamment bossé pour Kelly Clarkson et Miley Cyrus), Ariel Rechtstail (meilleur producteur aux Grammy Awards en 2014 pour l'album Modern Vampire of the City de Vampire Weekend, qui a aussi bossé avec Diplo, Beyoncé, Kylie Minogue ou Charlie XCX), Rami Yacoub, Savan Kotecha (deux auteurs-producteurs pour une ribambelle de star plus ou moins talentueuses), Nicky Minaj ou encore Toby Gad à qui l'on doit All of me de John Legend ou If I were a boy de Beyoncé, mais aussi et surtout les daubes des One Direction, de Kelly Clarkson et Selena Gomez.

Mais depuis plusieurs semaines, rien ne va. Quatre mois avant la sortie de l'album, la majorité des titres ont pris le chemin de la toile, contraignant la star à publier son premier single deux mois avant la date prévue (Living for love devait sortir pour la Saint-Valentin), puis à dévoiler six autres titres en guise d'amuse-bouches. Et il y a quelques jours, c'est l'intégralité des 25 titres (14 pour le CD classique, 19 pour l'édition limitée, 21 pour l'édition Fnac dont deux remixes, 27 pour l'édition deluxe dont deux remixes, no comment) qui a fuité.

En dehors d'une promotion forcément détruite par ces fuites, l'inconvénient est l'obligatoire comparaison des versions définitives par rapport aux démos. Et force est de constater que le résultat n'est pas toujours à la hauteur des espoirs créés il y a quelques semaines.

Je vous livre ma critique titre par titre, en quasi avant-première donc !

Living for Love *****
(Madonna Ciccone, Thomas Wesley Pentz, Uzo Emenike, Annie Brewster, Alicia Keys, Maureen McDonald, Ariel Rechtstaid, Toby Gad, Nick Rowe)

Retour en force de la Madonne avec ce titre electro 90's plutôt puissant. Comme sur le reste de l'album, on remarque une voix plus mise en avant, les beats soulignent le piano d'Alicia Keys. Grosse surprise à la première écoute, je suis super emballé par ce titre ni vulgaire, ni bourrin, bien produit et efficace. Merci Diplo et la dizaine de personnes qui ont été nécessaires pour un seul titre.


Devil pray ****
(Madonna Ciccone, Tim Bergling, Carl Falk, Rami Yacoub, Savan Kotecha, Dacoury Natche, Blood Diamonds)
Deuxième gros coup de cœur pour ce morceau hybride, entre country et electro. La version démo, sans electro était plus agréable à écouter, l'electro finalement introduit sied pas mal au titre mais il manque une envolée finale : musicalement ça ne décolle jamais.

Ghosttown *****
(Madonna Ciccone, Jason Evigan, Sean Douglas, Evan Bogart, Mathieu Jomphe)
À mi-chemin entre la ballade (ce à quoi on s'attend avec le premier couplet) et le titre pop dansant (refrains efficaces et entêtants), Ghosttown est une belle surprise, sans réelle prise de risque, mais réussie, qui plaira aux fans.


Unapologetic bitch **
(Madonna Ciccone, Thomas Wesley Pentz, Ariel Rechtstaid, Maureen McDonald, Toby Gad )
Un soupçon d'electro et de R&B sur un reggae aux allures de pop pour un titre plutôt plaisant, sans pour autant être exceptionnel, mais qui a le mérite de sortir des rangs.

Illuminati *
(Madonna Ciccone, Toby Gad, Maureen McDonald, Larry Griffin Jr., Mike Dean, Kanye West)
La démo R&B-electro était franchement pas mal. Le résultat final montre un son plus sourd, plus expérimental où tout ne va pas ensemble et frôle finalement l'amateurisme. Madonna ou l'art de chier une démo réussie, acte 1.

Bitch, I'm Madonna (feat. Nicky Minaj) *
(Madonna Ciccone, Thomas Wesley Pentz, Ariel Rechtstaid, Maureen McDonald, Toby Gad, Onika Maraj )
Je déteste profondément la musique, le son, le chant, les tenues, l'attitude, de Nicky Minaj mais j'avais pour autant beaucoup aimé leur précédent duo I don't give A sur l'album MDNA. Ici son pont rappé me donne autant mal aux oreilles que le son affreux qui tient lieu de « refrain ».

Hold Tight **
(Madonna Ciccone, Thomas Wesley Pentz)
Je ne sais pas trop quoi dire sur cette chanson à vrai dire pas mauvaise, mais certainement pas indispensable sur l'édition principale d'un album de Madonna, même signée par le producteur à la mode Diplo.

Joan of Arc **
(Madonna Ciccone, Toby Gad, Maureen McDonald)
Si la version démo m'avait paru jolie à défaut d'être magnifique, Madonna a dû s'entourer de deux personnes pour la dénaturer en y ajoutant des basses pas en rythme sur le refrain. Madonna ou l'art de chier une démo réussie, acte 2. Et que dire des paroles... Je ne suis pas capable de comprendre les paroles à l'oreille et je ne me suis pas amusé à lire celles de chaque titre de l'album, mais bonjour le vocabulaire utilisé...

Iconic (feat. Chance the Rapper & Mike Tyson) ***
(Madonna Ciccone, Toby Gad, Maureen McDonald, Chancelor Bennett, Mike Tyson)
J'aime beaucoup les couplets de ce titre, même les ponts, mais les refrains musicaux (décidément, cette mode...) rap qui lorgnent du côté de I don't give A déjà cité sont d'un prétentieux assez désagréable à l'oreille. Dommage, le titre est plutôt bon sinon.

HeartBreakCity *****
(Madonna Ciccone, Thomas Wesley Pentz)
Jolie mélodie, jolie compo, voix mise en avant : très belle chanson signée Diplo.

Body Shop ***
(Madonna Ciccone, S1, Toby Gad, Maureen McDonald)
Les sonorités indiennes font évidemment penser à Shanti / Ashtangi sur l'album de référence Ray of Light, mais je trouve que ce morceau mineur aurait plus eu sa place dans les titres bonus. A néanmoins le mérite de montrer une autre facette de la Madonne et de sa musique.

Holy Water **
(Madonna Ciccone, Natalia Kills, Martin Kierszenbaum)
Sorte de Gang Bang R&B qui surfe sur Vogue pour se donner un genre, qui aurait plus sa place sur la BO d'un thriller que sur un album original de Madonna.

Inside out *
Une ballade mid-tempo qu'on a l'impression d'avoir entendue deux-cent fois auparavant, doté d'un final qui se la joue I don't give A (décidément...).

Wash all over me ****
(Madonna Ciccone, Maureen McDonald, Miley Cyrus, Tim Bergling)
Nouveau morceau d'Avicii, choisi ici dans une version plus calme et acoustique que la première mouture super efficace, qui manque sur cet album. Madonna ou l'art de chier une démo réussie, acte 3.

MADONNA, REBEL HEART, sortie 6 mars 2015, 25 titres ***

+
Best night **
Encore des influences R'n'B pour ce premier titre bonus pas trop dégueu.

Veni Vidi Vici (feat. Nas) *
Titre urbain complètement foireux.

S.E.X **
Titre urbain intéressant mais moyen, entre Human Nature et Candy Shop.

Messiah *****
Madonna Ciccone, Tim Bergling
À l'écoute de cette somptueuse ballade, on se demande sérieusement qui a choisi les titres de l'édition principale et ceux des éditions limitées. Il est incompréhensible que Messiah soit reléguée dans les bonus après trois morceaux urbains plus ou moins douteux.

Rebel Heart ****
Madonna Ciccone, Tim Bergling, Magnus Lidehäll
Morceau pop réussi qui aurait pu paraître sur l'album Ray of Light. Ravira probablement les fans.


+
Beautiful Scars **
Des sons disco ont été insérés dans ce morceau mid tempo plus ringard que rétro ou moderne. Je ne comprends pas comment ce genre de titre somme toute assez banal ne reste pas au stade de démo dans un carton quand l'excellent Revolution est écarté de l'album.

Queen ***
C'est pas mal, mais il faut se tartiner le reste de l'album avant d'y arriver et, une fois là, ça ne suffit pas pour qu'on apprécie Queen à sa juste valeur. Mauvais placement.

Borrowed Time **
Madonna Ciccone, Tim Bergling
Belle chanson, mais le résultat est moins convainquant que la démo, plus classique. Trop de petits instruments rajoutés par-ci, par-là. Madonna ou l'art de chier une démo réussie, acte 4.

Graffiti Heart ***
Titre electro sympathique. La version démo était toutefois plus aboutie et plus équilibrée.

Autotune Baby *
Commence comme un mauvais titre de Mariah Carey avec la voix d'un bébé claire puis autotunée, puis Madonna fait un semblant de rap sur les « hun-wuah » du-dit bébé. Les yeux sont grand ouverts, ceux du bébé qui ne parvient visiblement pas à dormir, et les nôtres plein d'effroi devant ce titre étrange. On trouvera, au choix, que c'est un titre surprise et fun qui ne se prend pas au sérieux ou une petite bouse qui porte bien son nom.

Addicted *****
Madonna Ciccone, Tim Bergling
LE raté de l'album. Addicted est une putain de bombe electro signée Avicii qui défonce sa race. C'est addictif à mort et ça ferait un sacré carton mais le titre est relégué à la fin de l'édition super limitée... Incompréhensible.

MADONNA, REBEL HEART, sortie 6 mars 2015, 25 titres ***

70 étoiles sur 125, ce qui ramène la note à 5,6/10 pour ce treizième de la reine de la pop. Elle a enchaîné les tubes pendant vingt ans et voilà que depuis trois albums elle court après les producteurs à la mode qui pourront lui faire renouer avec le succès. Elle y réussit parfois (4 minutes, Girl gone wild, Celebration) mais le grand public semble désormais se foutre éperdument de ses nouveaux albums.
L'année dernière, Madonna annonçait ses collaborations pour Rebel Heart sur les réseaux sociaux, gageant que l'on serait surpris par son travail. Je dois dire après plusieurs écoutes que si la surprise n'est pas vraiment au rendez-vous puisque les sons, les genres et les collaborateurs sont sensiblement les mêmes depuis quelques années, il y a toutefois quelques morceaux de bravoure.
Ballade, electro, pop pure, sons hindies, R'n'B : la palette est large et elle prouve qu'elle peut toujours exceller dans ce a quoi elle nous a habitué. Mais on trouve dans cet album beaucoup trop de titres et, surtout, beaucoup trop de mauvais titres. Quand on voit certains morceaux enregistrés puis écartés, on se demande comment une setlist aussi maladroite a pu être validée alors que la Madonne joue gros.
Pour moi, c'était un come-back réussi lorsque l'on a découvert les premières démos, qui m'ont laissé croire le temps de quelques semaines à un successeur d'American Life (pas mal de guitares et d'electro au départ) et lorsque le premier single, Living for Love, a été dévoilé en version définitive. Je m'attendais à un grand album.
Maintenant que tout est là, je pense que Madonna est en passe de rater son retour. Trop de titres, trop de R&B, trop de collaborations, trop de mauvais choix de setlist (pourquoi faut-il notamment attendre les bonus pour entendre les bons titres d'Avicii ?) et certainement bientôt des mauvais choix de singles, malgré le nombre de singles potentiels, comme pour MDNA. Pour le grand public, ce sera « Trop de Madonna ! ».


Album parfait, et là, 4 ou 5 étoiles, je me serais tâté :
Livng for love / Devil pray / Ghosttown / Unapologetic bitch / Joan of Arc (version démo) / Iconic / Heartbreak City / Wash all over me (version démo electro) / Messiah / Rebel Heart / Queen / Borrowed time (version démo) / Addicted / Revolution
bonus : Body shop / Wash all over me (version acoustique) / Graffiti Heart (version démo) / Two step behind me

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Sasha Arango, La vérité et autres mensonges, roman traduit de l'Allemand par Dominique Autrand, 310 pages, 20 € ****

Publié le par Sébastien Almira

                   

Henry est selon lui-même un homme sans intérêt, un auteur adulé de best-sellers policiers secrètement écrits par sa femme Martha, un bon à rien, si ce n'est un ami généreux et fidèle.

« La littérature ne m'intéresse pas, je veux juste écrire. » Martha
« Le succès n'est qu'une ombre qui se déplace avec le soleil. »
« À un moment ou un autre le soleil se couchera, songeait Henry avec anxiété, et on se rendra compte que je n'existe pas. »
« Il n'y eut rien de particulier à prouver car un auteur, comme chacun sait, n'est capable de rien d'autre que d'écrire, et écrire est à la portée de n'importe qui. Pas besoin d'avoir des connaissances ou des compétences spécifiques, ou des choses particulières à dire sur soi, aucune information digne de ce nom qui s'impose, il suffit d'avoir un peu vécu, personne ne vous demandera de présenter un diplôme. » Henry

Un bon à rien dont la femme est éperdument amoureuse et la maîtresse enceinte jusqu'au cou. Le problème s'appelle Betty, elle est aussi son éditrice, une femme sans scrupule et dépravée, plus jeune, plus belle que Martha, les cheveux blonds bouclés, les tâches de rousseur sur ses seins en orange, les yeux verts, « elle voulait le succès et en même temps la discrétion, l'aventure dans la jungle, mais avec le chauffage central. » Un mauvais plan.

Le point de départ semble plutôt simple, mais La vérité et autres mensonges devient plus tortueux au fil des pages. Si Henry est incapable d'écrire ses romans lui-même, il est en revanche capable de transformer sa propre vie en véritable thriller.
On pourra se heurter à quelques maladresses de traduction, quelques passages plus brouillons que mystérieux ou encore quelques erreurs de significations, mais Sasha Arango mène sa barque avec talent et manipule le lecteur comme bon lui semble. Entre vérités et mensonges, révélations et rebondissements, ce thriller plus alambiqué qu'il n'y paraît tient rudement bien la route.

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Philippe Besson, Vivre vite, roman, 230 pages, Julliard, janvier 2015, 19 € ****

Publié le par Sébastien Almira

            


La rentrée de janvier a commencé il y a un mois déjà, un peu plus même, certains éditeurs ayant publié dès le 31 décembre... Et moi qui me targue de vous éclairer sur l'actualité littéraire, j'ai attendu le mois de février pour écrire un article sur un roman de la rentrée. Il faut dire que janvier a été quelque peu mouvementé, que je n'étais pas trop d'humeur à lire, ni à écrire sur le peu que j'avais lu.
Je me suis jeté sur des BD jeunesse et dans les salles obscures, d'où les deux articles ciné de janvier. Pour ma défense, quel ratio de bonnes nouveautés au cinéma en fin décembre / janvier !


Bref, pour le premier article de la rentrée littéraire de janvier, si, vous savez, celle qui passe quasi inaperçue, je reste proche du septième art puisque Philippe Besson raconte dans Vivre vite, l'idole de vos mères et de vos grands-mères : James Dean.

« Notre passe-temps favori, à Jimmy et moi consistait à improviser des pièces de théâtre. On s'était fabriqué une scène miniature, j'avais cousu des costumes, confectionné des figurines. C'était épatant d'inventer des histoires et de les déclamer devant un public imaginaire. J'ignorais que cela déclencherait chez lui ce désir irrésistible de faire l'acteur plus tard, mais je suis fière de supposer que je suis sans doute à l'origine de sa vocation.
Parfois, je pense : si je ne l'avais pas poussé dans cette direction, s'il n'avait pas embrassé cette profession, s'il n'était pas devenu célèbre du jour au lendemain, il ne serait pas mort brutalement, en pleine jeunesse, en pleine gloire. Il n'aurait pas eu les moyens de s'acheter cette maudite voiture, il n'y aurait pas eu l'accident. Mais je n'arrive pas à me sentir coupable. On n'échappe pas à son destin. Le sien était d'être une étoile et de passer comme une comète. » pages 23-24, Mildred Dean, sa mère.

Vous l'avez peut-être compris avec ce premier extrait, c'est grâce à un roman choral que Philippe Besson entend raconter la courte vie de James Dean. Ainsi, prendront la parole sa mère, son oncle, les réalisateurs, acteurs, photographes avec les lesquels il travaillera, ses amis, si tant est qu'on puisse imaginer que l'acteur avait réellement des amis, lui-même, ou encore son professeur d'art dramatique Adeline Brookshire qui sera la première, page 64, à le nommer James Dean, peut-être parce que c'est elle qui fut le virage dans la vie de Jimmy, celui qui lui fit entamer une carrière, aussi courte soit-elle, parce que c'est à partir de là que Jimmy est devenu James Dean.

« On devait toujours le canaliser. C'était un enfant qui faisait facilement des bêtises. » page 47, Marcus Winslow, son oncle.

« En fait, il faudrait donner l'impression de ne rien faire, d'être soi-même, alors qu'on est absolument un autre. Inventer un pur mensonge plus vraisemblable que la vérité.
Il faudrait aussi puiser en soi des souffrances intimes et les habiller d'apparences trompeuses. » page 70, James Dean.

« Car désormais, je ne pense plus qu'à une chose, une seule, devenir acteur. Si je ne deviens pas acteur, autant être rien.
Pas de méprise : je n'ai pas particulièrement envie de voir ma tête sur des affiches,je ne rêve pas de gloire. Non. Simplement, je ressens des vibrations dès que j'enfile le costume d'un autre, et que j'invente un mensonge en espérant qu'on va me croire. C'est dans les moments où je joue que je suis au plus près de la personne que je veux être. » pages 110-111, James Dean.
 

                      


Et c'est là que réside la force de Vivre vite : Besson s'adapte aux narrateurs qu'il utilise. Il perd parfois son écriture, qui peut en énerver plus d'un, jusqu'à ce qu'elle revienne au galop au détour d'un personnage. Mais même lorsqu'il change le moins sa manière d'écrire, j'avais l'impression d'entendre untel ou un autre parler, sa voix, ses intonations, de voir ses postures, ses expressions. En ça Philippe Besson est très bon.

« Au début de notre amitié, j'ai pensé qu'il préférait les hommes. Et cela ne m'aurait pas particulièrement choqué. J'ai découvert que la réalité était plus subtile. Pour comprendre Jimmy, il fallait admettre qu'il n'avait pas de problème avec sa propre sensibilité et, pour être plus explicite encore, avec sa propre féminité. » page 167, Leonard Rosenman, compositeur.

« D'emblée, j'ai tenté de me débrouiller avec ce paradoxe : la beauté de Jimmy ne sautait pas aux yeux, et pourtant on ne voyait qu'elle. Ses lunettes mangeaient son visage, ses traits étaient un peu grossiers, son regard noirci par les cernes, et cependant il irradiait dès qu'il se mettait à sourire, il inquiétait dès qu'il se refermait, il séduisait dès qu'il vous fixait. » page 199, Dennis Stock, photographe.

Si certains chapitres paraîtront anecdotiques au premier abord, je trouve qu'il n'y a pas de gras dans le roman, rien à retirer. Tout y a une place, la sienne. Tout a un sens, un but. Ici un trait de caractère dévoilé, là un moment clef de la fureur de vivre, de vivre, de James Dean.
Quelques chapitres sont très forts, d'autres très intéressants comme celui d'Elia Kazan, sur le tournage du premier film de James, À l'est d’Éden, page 175 et suivantes, il y a aussi la beauté de ce que dit Elizabeth Taylor ou encore Marlon Brandon, son idole : « Plus tard, je suis allé voir ses films et là, j'ai compris. Compris que c'était un putain de génie. Et les génies ont le droit de faire chier le monde. » (page 192)

À la manière de Frédéric Beigbeder avec son roman Oona & Salinger (article ici), Philippe Besson signe un très bon roman qui, sans dénaturer son œuvre ou sa personne, est peut-être un peu plus classique et abordable pour les non-initiés, pour les habituellement irrités par le style ou le genre de ces deux auteurs. Il y a en Vivre vite un beau roman sur un acteur incandescent devenu en trois films et un accident de voiture, une icône intemporelle. James Dean va si bien à Philippe Besson, et inversement, que ce serait dommage de bouder un tel plaisir.


« Mais que voulez-vous, l'Amérique, cette grande nation, n'est rien d'autre qu'une mère monstrueuse qui dévore ses enfants, une putain de mère maquerelle qui brûle ses gagneuses et ses idoles. » page 222, Sal Mineo, acteur.


                                              

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Le cinéma de janvier 2015 2/2 (Wild / Charlie Mortdecai / The Foxcatcher / Les nouveaux sauvages / L'interview qui tue)

Publié le par Sébastien Almira


                      
Wild, de Jean-Marc Vallée, 1h55 ***
Reese Witherspoon, 1m57 campe Cheryl Strayed, addict au sexe et aux drogues, dont le couple a détruit son équilibre. L'histoire vraie de cette Américaine qui tourne le dos à son passé en se lançant sur le Pacidic Crest Trail, 1700 kilomètres de désert seule, à pied, de Mexico à l'Oregon. Avec pour seule compagnie le souvenir de sa mère disparue (jouée par la merveilleuse Laura Dern), Cheryl va affronter ses peurs, approcher ses limites, frôler la folie et découvrir sa force.

Dès le début, l'ennui et mon incompréhension face au choix du film guettaient. Ensuite, ç'a été l'agacement avec la construction hésitante des souvenirs de Cheryl. J'ai trouvé ça longuet, j'ai détesté pleurer à quasi chacun des horribles souvenirs (il faut vraiment que j’arrête de voir des films où un parent meurt après une déchéance sur un lit d’hôpital), et j'ai finalement trouvé assez bon cet Into the Wild féminin qui permettra peut-être à Reese Witherspoon de renaître, comme le personnage qu'elle incarne.


                     
Charlie Mortdecai, de David Koepp, 1h45 ***
Beaucoup de monde est à la poursuite de Charlie Mortdecai, aristocrate so british : des Russes fous furieux, les services secrets britanniques très remontés, un terroriste international, même son épouse, etc. Pour se tirer des situations impossibles qui le guettent, l’élégant marchand d’art et escroc occasionnel n’a que son charme. Il va lui en falloir beaucoup s’il veut s’en sortir vivant et être le premier à retrouver le tableau volé qui conduit au trésor caché des nazis.

Raffiné, drôle, entraînant, héros évidemment (assez bien, il faut le reconnaître) campé par Johnny Depp, bien construit, bien mené, blablabla, ce film permettra certainement au réalisateur de films d'action un peu beauf de montrer autre chose. Mais arrivé à la fin, reste toutefois l'impression qu'il manque quelque chose. Vous me voyez bien incapable de dire pourquoi mais le fait est que je suis resté sur ma faim.


                      
Foxcatcher, de Bennett Miller, 2h10 **
Channing Tatum campe un lutteur médaillé d'or qui se fait remarquer par un milliardaire de l'armement avide de devenir coach de sportifs qui feraient rêver la nation, histoire de raviver la flamme d'américains qui sombrent dans la morosité. Sous les traits de Steve Carrell, il n'aura en fait de cesse de vouloir instaurer un jeu de dominant-dominé avec son poulain.

Le jeu du duo d'acteurs, le scénario, le réalisateur (celui de Truman Capote et du Stratège) la psychologie des personnages, l'apparente réalité des entrainements et combats (après tout, je n'y connais rien en lutte), etc.,  tout sur le papier semble parfait, pris un par un. Mais une fois assemblé, il manque quelque chose. De l'âme, du plaisir, de la passion, même les personnages ne semblent pas passionnés lorsqu'ils le clament. Bref je me suis fait chier.


                      
Les nouveaux sauvages, de Damian Szifron, 2h *****
Vulnérables face à une réalité qui soudain change et devient imprévisible, les héros des Nouveau sauvages franchissent l'étroite frontière qui sépare la civilisation de la barbarie. Une trahison en amour, le retour d'un passé refoulé, la violence enfermée dans un détail quotidien, sont autant de prétextes qui les entraînent dans un vertige où ils perdent les pédales et éprouve l'indéniable plaisir du pétage de plombs.

C'est ce que racontent les six « courts » qui composent ce film argentin produit par les frères Almodovar. Et putain (parce que c'est le moment d'être grossier dans cet article), ça dépote ! C'est vivifiant, drôle, osé, sauvage, décapant, social, captivant, sociopathe, percutant, terrible, agaçant et toujours jouissif.
Ça réveille vos instincts, c'est bien joué et visuellement y'a rien à dire, l'image est belle, les plans bien choisis, la teneur des dialogues bien dosée, tout semble calculé au millimètre près et tout est parfaitement réussi. Les nouveaux sauvages est diaboliquement génial !


                      
L'interview qui tue, de Seth Rogen et Evan Goldberg, 1h45 ****
Au départ, il y a Dave Skylark, un animateur un peu idiot qui interview des people sur des sujets intimes et embarrassants dans le show qui porte son nom, le Skylark Tonight. Aaron, son producteur en a marre de se faire traiter de merde et veut donner une nouvelle impulsion au show. C'est alors qu'ils apprennent que Kim Jong-Un est fan de leur émission. Ni une, ni deux, ils envoient une demande d'interview et la CIA s'en mêle en leur demandant d'assassiner le dictateur une fois en Corée.
Bien entendu, rien ne devra se passer comme prévu dans ce film un peu potache, drôlement efficace et bien ficelé. Le scénario ne s'embarrasse pas de fils trop compliqués mais n'a pas à rougir de la tâche qui lui incombe. James Franco s'amuse et excelle dans son rôle de présentateur beau gosse un peu excentrique sur les bords, tandis que Seth Rogen, co-réalisateur, joue le producteur du Skylark Tonight bien mieux qu'il ne jouait dans Nos pires voisins.
Franchement, vu les notes sur allociné, je m'attendais à une grosse daube et ce n'est pas le cas. C'est pas LE film qui tue, mais il ne manque pas d'humour et se bat plutôt bien !

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Le cinéma de janvier 2015 part. ½ (Cold in July / The Riot Club / Cops / The Smell of Us / Whiplash)

Publié le par Sébastien Almira

L'année commence bien, et c'est pas fini : deuxième partie de janvier bientôt avec Wild, Charlie Mortdecai, Les nouveaux sauvages et The Foxcatcher. Je fais une pause de ciné, demain je vais voir Interpol à l'Olympia.

                        
Cold in July, de Jim Mickle, 1h45 ***
Non, non, ce n'est pas l'affiche de Gang de Requins.
1989, un petit bled au Texas, Richard Dane abat un home qui vient de pénétrer chez lui. Certains le regardent de travers, d'autres le prennent pour un héros. Lui vit très mal ce qu'il considère comme un acte barbare. Mais lorsque le père du défunt récemment sorti de prison entreprend de venger son fils et qu'il se rend compte que la police a peut-être menti sur l'identité du cambrioleur, Richard se retrouve malgré lui entraîné dans une dangereuse aventure.

Cold in July, c'est un final décevant quant à ce qui se passe dans la tête du personnage principal (je suis prêt à en parer avec ceux qui l'ont vu, parce que ça me travaille un peu), une intrigue pas très compliqué mais convenable et, finalement, un polar de bonne facture mené tambours battants par un duo d'acteurs parfaits (Michael C Hall et Sam Shepard) sur une bande originale magnétique, avec en prime une scène de tuerie impeccable des acteurs à la photographie, des jeux de caméra et de mouvements aux lumières.

                        
The Riot Club, de Lone Scherfig, 1h45 ****
Le Riot Club est réservé à l’élite de la nation. Ce cercle très secret d’Oxford fait de la débauche et de l’excès son modèle depuis trois siècles. Miles et Alistair, deux étudiants en première année, ne reculeront devant rien pour avoir l’honneur d’en faire partie.

Si au départ j'ai regretté de ne pas être étudiant anglais dans une université prestigieuse afin de faire partie d'un club fermé, je suis rapidement descendu de mon nuage. Il m'est toutefois resté l'envie de boire du vin. Loin de moi l'idée de clichés, mais j'ai été surpris de découvrir que The Riot Club est l’œuvre d'une femme. Il s'agit d'un film sombre, glaçant, cynique, truculent et sulfureux sur la grandeur et la décadence de la jeunesse dorée britannique.
Servi par une bande de jeunes acteurs quasiment tous aussi bons les uns que les autres, par une bande originale sensationnelle, des dialogues implacables (cette scène sur le rapport pauvres-riches au restaurant...) et des images de toute beauté, The Riot Club va assez loin sur le propos, à défaut d'y aller dans le temps (l'impression qu'il manque quelque chose lorsque tombe le noir du générique), pour prendre le spectateur par les tripes (peut-être dans tous les sens du terme d'ailleurs...) et rester à la fin quelque part à l'intérieur, entre la tête et le cœur, entre l'effroi et le haut-le-cœur. Pas loin du chef d’œuvre.

                        
Cops, de Luke Greenfield, 1h45 ***
Si vous allez voir Cops en connaissance de cause, tout ira pour le mieux. C'est bête, c'est gras, c'est attendu et entendu, mais c'est drôle et bon.

Deux copains un peu blaireau (Damon Wayans Jr., créateur et acteur de la série Ma famille d'abord ; Jake Johnson, un des acteurs principaux de la série New Girl) se déguisent en flics pour un bal masqué, fuient de honte mais se rendent compte une fois dehors qu'ils impressionnent les mecs et attirent les filles. Ils décident alors de se faire passer pour des flics un peu plus souvent, jusqu'au jour où ils vont trop loin et se retrouvent dans le collimateur de mafieux bourrins.

                        
The smell of us, de Larry Clarck, 1h30 ****
Le réalisateur de Bully, Kids, Ken Park ou plus récemment Wassup Rockers présente, à 72 ans, un film trash sur un groupe de jeunes skaters parisiens. Sex, drugs & skate au Trocadéro, sur les quais de Seine comme chez Papa Maman et chez les vieux riches avides de sensations.

Violent, glauque, sexuel, graveleux, parfois sensuel, transpirant de toute part, The Smell of Us se veut réaliste sur cette jeunesse décadente chez qui tous les moyens sont bons pour profite de la vie. Le malaise n'est jamais loin. Certaines scènes sont extrêmement fortes (notamment la fête chez le vieux, la scène entre Matt et sa mère, joué par la pétrifiante Dominique Frot ou encore la dernière scène avec JP), d'autres salement repoussantes. Le moins que l'on puisse dire sur nouveau Larry Clarck, c'est qu'il est osé, scandaleux et scandaleusement réussi : les instants saisis par sa caméra sont souvent sublimes de réalisme, même si tout semble à la fois irréel.
Une bien meilleure critique par Zarathoustra93 ICI.

                 
Whiplash, de Damien Chazelle, 1h45 *****
Pour Andrew, 19 ans, la batterie est bien plus qu'une passion : il entend bien devenir le meilleur batteur de jazz de sa génération. Lorsqu'il se fait repérer par Terence Fletcher, sorte de professeur mythique, il croit que sa voie est toute tracée, mais c'est sans compter sur le caractère et la férocité de son mentor.

L'intrigue paraît d'un conformisme et d'un ennui mortel et, si vous n'avez pas déjà été convaincu par la moitié de votre entourage bienveillant, je ne peux rien faire de plus. Je suis loin d'être un spécialiste ciné, mais grands dieux, Whiplash n'est pas un film, Whiplash c'est une claque monumentale, et jouissive, une leçon de cinéma (et de musique) à chaque instant, deux acteurs incroyables (Miles Teller, qui a une vraie gueule, et J. K. Simmons, qui a déjà le Golden Globes du meilleur second rôle et qui attend les résultats pour les Oscars, les BAFTA et l'Independant Spirit Awards), des plans sublimes, des scènes bouleversantes, un face à face saisissant, un rythme effréné, des applaudissements dans la salle, un des plus beaux, des plus exaltants, des plus extraordinaires, de plus jouissifs trucs que j'ai vus : j'en ai chialé à la fin, j'ai eu du mal à m'en remettre, et pas parce que c'était triste. Parce que c'est un putain de chef d’œuvre. J'en suis chamboulé et époustouflé rien que d'en reparler.

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Le meilleur de 2014

Publié le par Sébastien Almira

Le meilleur de 2014


Quand vient la fin de l'année, il y a une chose que j'adore faire, outre acheter des cadeaux, en recevoir et bouffer pour deux, c'est écrire mon article de mon meilleur de mon année dont tout le monde se fout.
Pourtant, je le peaufine toute l'année durant (voir plus bas ma liste brouillon) et j'y mets un peu de tout (Romans adultes, romans ados, albums jeunesse, bandes dessinées, disques, films, auxquels je rajoute cette année une catégorie humour).

Mais bon, c'est pas grave, j'aime vous dire quand même ce que j'ai préféré et, une fois n'est pas coutume, voilà donc ce que vous auriez dû lire, voir, écouter, si vous aviez suivi mes conseils avisés.
Heureusement, je passe un tiers de mes journées en librairie, histoire de recevoir de la gratitude, de la reconnaissance, des pourboires pour les paquets cadeaux à Noël, du chocolat et même une bouteille de vin.
Allez, je ne vous en veux pas plus longtemps et vous remercie une fois de plus d'avoir suivi avec assiduité et attention le blog Culturez-Vous et vous souhaite bien entendu encore une superbe année ! À bientôt ;-)


ROMANS ADULTE

1/ F, Luis Seabra (Rivages) (article)
2/ Oona & Salinger, Frédéric Beigbeder (Grasset) (article)
3/ Quatre murs, Kéthévane Davrichéwi (Sabine Wespieser) (article)
4/ La malédiction du bandit moustachu, Irina Teodorescu (Gaïa)
5/ L'île du Point Némo, Jean-Marie Blas de Robles (Zulma)

(que je n'ai toujours pas fini, mais que je ne pouvais pas ne pas mettre, tellement le début est bon)
Les déceptions : Le village évanoui, Bernard Quiriny (Flammarion) (article) / Histoire de ma sexualité, Arthur Dreyfus (Gallimard)
Les bouses de l'année : Pour en finir avec Eddy Bellegueule, Edouard Louis (Seuil) / Athènes ne donne rien, Léonard Vincent (éditions des Équateurs) (article)


ROMANS ADO

1/ Les Autodafeurs, tomes 1 et 2, Marine Carteron (Rouergue) (article ici et ici)
2/ Tant que nous sommes vivants, Anne-Laure Bondou (Gallimard Jeunesse) (article)
3/ Sujet : tragédie, Elizabeth Laban (Gallimard Jeunesse) (article)
4/ Les trois sœurs et le dictateur, Élise Fontenaille (Rouergue) (article)
5/ L'été où Papa est devenu gay, Endre Lund Eriksen (Thierry Magnier)
La déception : y-n-en-a-pas !
La bouse de l'année : y-n-en-a-pas-non-plus !


BD
          
                                  
1/ Max Winson, tomes 1 et 2, Jérémie Moreau (Delcourt)
2/ Un océan d'amour, Lupano et Panaccione (Delcourt)
(article)
3/ Chamisso, Daniel Casanave et Vandermeulen (Lombard)
4/ Ernest et Rebecca, T6, La boîte à blagues, Bianco et Dalena (Lombard)
5/ Les vieux fourneaux, tomes 1 et 2, Lupano et Cauuet (Dargaud)
Un très très bon cru BD pour moi cette année auquel il convient d'ajouter Edwin (Lambert, Textoris), Tourne-Disque (Beuchot et Zidrou), Shelley (Casanave et Vandermeulen), Une affaire de caractère (Ayroles) et la découverte des éditions FLBLB.
La déception : Premières vendanges, Wandrille et Nalin (Delcourt)
La bouse de l'année : quelques BD que je n'ai pas terminées ou que j'ai fini par trouver mauvaises, mais pas de là à les pourrir autant.


HUMOUR
                       
                             
1/ L'atlas des préjugés, Yanko Tsvetkov, adapté par Jean-Loup Chifflet (Les Arènes)
2/ L'anthologie du Franponais, Florent Gorges (éditions Komikku)
3/ Cent titres, Clémentine Mélois (Grasset)
4/ Le Tout Va Bien, édition 2015 (Le Tripode)
5/ Géorama, Julien Blanc-Gras et Vincent Brocvielle (Robert Laffont)



ALBUMS JEUNESSE
 
1/ C'est l'histoire d'un hippopotame, Agnès de Lestrade et Guillaume Plantevin (Sarbacane)
2/ Kiki a un kiki, Vincent Malone et Cornalba (Seuil, L'Ours qui pète)
3/ La Déclaration, Philippe Jalbert (Seuil Jeunesse)
4/ Rébellion chez les crayons, D. Daywatt et Oliver Jeffers (Kaléïdoscope)
5/ Mon ami le zombi, Vincent Malone et Miré (Seuil, L'Ours qui pète)
6/ Le chevalier noir, Michaël Escoffier et Stéphane Sénégas (Frimouse)
7/ Combien de terre faut-il à un homme ?, Annelise Heurtier et Raphaël Urwiller d'après Tolstoï (Thierry Magnier)

La déception : pas de déception, mais plus de top !
Les bouses de l'année : Brutus, Laura Vaccaro Seeger (École des Loisirs) / J'ai entendu le savant astronaute, Walt Witman et Loren Long (Gallimard Jeunesse)


DISQUES

1/ Her Greatest Performances Live, Whitney Houston (Sony Music) (article)
2/ Chaleur humaine, Christine & The Queens (Because Music) (article)
3/ Sound of a Woman , Kiesza (Island Records) (article)
4/ Come out, It's beautiful !, ALB (Sony) (article)
5/ I never learn, Lykke Li (LL Recording, Warner) (article)
Top 5 hyper difficile à faire qui laisse sur le bord de la route les supers albums de Kadebostany, Fink, MO, Owlle, Lenny Kravitz, Disclosure, Macy Gray, U2 et les BO de God save the girl et Pride.
Les déceptions : Mue, Émilie Simon (Barclay) / Trouble in Paradise, La Roux (Polydor) (article)
Les bouses de l'année : Blonde, Alizée (Jive Epic) (article) / Solitaire, Shy'm (Warner Music)


FILMS
    
    
1/ Pride, Matthew Warchus (article)
2/ American Bluff, David O Russell (article)
3/ Mommy, Xavier Dolan (article)
4/ Her, Spike Jonze (article)
5/ How I live now, Kevin Macdonald (article)
6/ Les Boxtrolls, Graham Annable et Anthony Stacchi (article)
Les déceptions : Astérix le Domaine des Dieux, Louis Clichy et Alexandre Astier (article), Zero Theorem, Terry Gillam (article)
Les bouses de l'année : Nymphomaniac 2/2, Lars Von Trier (article) / Nos pires voisins, Nicholas Stoller (article)

Le meilleur de 2014

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Le cinéma de décembre 2014 (Une nouvelle amie / God help the girl / Timbuktu / La famille Bélier / Paddington)

Publié le par Sébastien Almira

Casting quatre étoiles pour cette dernière sélection de films de l'année, espérons que 2015 commence aussi bien !

                                  
Une nouvelle amie, de François Ozon, 1h45 ****
À la suite du décès de sa meilleure amie, Claire fait une profonde dépression, mais elle reprend goût à la vie (après le choc, le bonheur) en découvrant que le veuf aime se travestir.

Tout est parfait dans Une nouvelle amie. Romain Duris et Anaïs Demoustier, le scénario, la photographie, les dialogues, les réactions. François Ozon montre encore une fois le talent qu'il a à mettre mal à l'aise tout en restant à toutes les limites, tout est subtil dans le cinéma d'Ozon. Grave et léger à la fois, mais toujours subtil.

                                  
God help the Girl, de Stuart Murdoch, 1h50 ****
Une délicieuse surprise que ce film musical britannique. Eve, fille timide, rêveuse, instable et perturbée, Cassie, filles des quartiers chics aux parents absents et James, musicien plus timide tu meurs, se rencontrent dans un Glasgow jeune et pop-rock et tentent de monter leur propre groupe.

Entrecoupé de pas mal de plages musicales délicieuses (chantées par les acteurs), ce film marque merveilleusement le passage à l'âge adulte de jeunes plutôt gauches et rêveurs. Stuart Murdoch, leader du groupe Belle & Sebastian est à l'origine de ce petit bijou.

                                  
Timbuktu, de Abderrahmane Sissako, 1h35 ****
Alors que l'amalgame Musulmans-Djihadistes fait des ravages en France, le Mauritanien Abderrahmane Sissako montre l'impuissance et la terreur que vivent les habitants de Tombouctou depuis que la ville est tombée entre mains des Djihadistes. Entre l'interdiction de la musique, du football ou encore des rires et le voile et les mariages forcés, on assiste, pantois, à l'asservissement dune population démunie et d'un Imam impuissant face à un groupe armé qui fait dire à l'Islam ce qu'il veut.

Terrible et magnifique à la fois (un calme, un mode de vie, un silence, une photographie, à couper le souffle), Timbuktu est le premier film mauritanien nommé aux Oscars.

                                  
La Famille Bélier, d'Eric Lartigau, 1h45 ****
Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd-muet sauf Paula, 16 ans. Interprète indispensable à ses parents au quotidien, notamment pour l’exploitation de la ferme familiale, elle se découvre également interprète vocale hors du commun. Son professeur de chant la pousse à préparer le concours Radio France, ce qui l'obligerait à quitter sa famille pour Paris.

Succès critique et public surprise de cette fin d'année, La Famille Bélier est, malgré sa happy end attendue, un film formidable à tout point de vue. Les acteurs sont tout simplement époustouflants (Karin Viard est une magicienne, c'est pas possible d'être aussi bonne actrice tout le temps..., Louane est déjà prénommée dans les révélations des Césars et c'est mérité), les émotions que le couple Karin Viard - François Damiens réussit à faire passer, c'est incroyable, le scénario est bateau mais bien ficelé.
Le propos est juste, intéressant et intelligent, le résultat étonnant, émouvant et agréable. Faut pas bouder son plaisir devant une telle réussite. En route pour les Césars ?

                                     
Paddington, de Paul King, 1h35 ****
Un jeune ours péruvien débarque à Londres à la recherche d'un foyer et d'une vie meilleure. Il réalise vite que la ville de ses rêves n'est pas aussi accueillante qu'il croyait. Par chance, il rencontre la famille Brown, mais le rigide père de famille, le vieux croûton qui leur sert de voisin et la directrice du musée d'histoire naturelle ne vont pas lui rendre la vie facile.

Superbe film de Noël, qui ne manque ni d'humour, ni d'aventures, ni de rebondissements !

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