Trop occupé...

Publié le par Sébastien Almira

Trop occupé...

Lecteurs et lectrices perspicaces,

Vous aurez remarqué qu'après une certaine effervescence au début de la rentrée, l'alimentation du blog s'est quelque peu tarie. Et vous aurez bien raison de me le reprocher. Mais cela est dû à une vie sociale assez trépidante, (amis à la maison, week-ends chez des amis, concerts, ciné, soirées à jouer, etc.), ça vous ne pouvez pas m'en vouloir, et à une flemme d'après-rentrée qui a pointé le bout de son nez au début du mois, là vous pouvez.

Une flemme qui ne m'autorise à lire que des bandes dessinées et quelques romans et albums jeunesse. Une flemme qui entrepose une jolie petite pile de livres à critiquer. Une flemme qui me fait découvrir plein de bonnes musiques que je garde pour moi (et là, ceux qui croient qu'en musique j'ai des goûts de merde, ou que je n'écoute que Mylène Farmer me répondront "mais garde-les pour toi, tes découvertes !", ça me fera rire, mais ce n'est pas tout à fait vrai ^^).

Alors, je voulais vous dire que je ne vais pas encore me la jouer "oh, je suis triste, j'ai la flemme, j'ai envie d'abandonner...", petite rengaine que je vous sors bien une fois par an. Non, je vais plutôt vous dire qu'il faut que je me remette au boulot parce que je n'ai eu dernièrement que des bonnes lectures !

En attendant, je peux vous conseiller de lire Humains de Matt Haig chez Hélium, un super roman de SF contemporaine et assez drôle, L'été où Papa est devenu gay d'un nom à rallonge nordique chez Thierry Magnier, un autre roman ado plutôt drôle, aux personnages attachants et à l'intrigue entraînante ! Ou encore Oona & Salinger de Beigbeder, dont je n'ai ni tout lu, ni tout aimé, mais dont ce dernier roman m'a beaucoup plu !

A bientôt,

Sébastien

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Gilles Bornais, J'ai toujours aimé ma femme, roman, 240 pages, Fayard, août 2014, 18 € ****

Publié le par Sébastien Almira

                        

Un homme dont « l'harmonie de (sa) vie de couple était la seule comptable de (son) invulnérabilité », dont sa femme le « protégeait du tumulte quotidien » (page 67) rentre chez lui et trouve sur la table de la cuisine, posés sous un couteau, quatre mots écrits sur un bout de papier qui vont changer sa vie : « je ne rentrerai pas ».
Anéanti par quelques instants sans sa femme (« ce n'est plus votre appartement, c'est un champs de bataille sans bataille, une ruine pleine de secondes et de murs » page 63), il se demande ce qui a pu la retenir plus longtemps que d'accoutumée. Une opération minime avec laquelle elle n'aurait pas souhaité l'inquiéter ? Un moment de réconfort pour une amie ? Un supplément de travail au journal ?
En tout cas, il n'imagine pas une seule seconde qu'il puisse s'agir d'une rupture. Et pour cause, tout a selon lui toujours été parfait dans sa relation amoureuse comme dans leur vie plus généralement, pas un mot plus que l'autre, pas de contrariété, pas de ressentiment, rien qui puisse justifier une rupture. L'amour parfait. « Je l'aurais accompagnée sur la banquise, au milieu des buildings ou dans le désert, pourvu qu'elle y fut heureuse. » (page 16)
Mais nous, lecteurs, ne somme pas dupes : nous savons pertinemment de quoi il s'agit.
Cet homme va donc partir à la recherche de sa femme, appelant tantôt leurs enfants (Jonathan, « 21 ans, heureuse tige sans muscle, cheveux et habits chiffonnés, en deuxième année de kiné, colocataire depuis trois mois à l'autre bout de Paris, des copines à gogo, la musique à fond dans les écouteurs, hermétique et bercé toujours. » et Jessica, l'aînée, « l'artiste de la famille, lunettes Lennon cerclant les yeux bleus de sa mère, une belle renommée déjà dans l'enluminure sur cuir, mariée à Daley, un architecte irlandais, et installée depuis deux ans dan une belle maison de la rue principale de Galway, entre son propre atelier et une boutique de pendules » pages 23-24), attendant devant le journal, interrogeant ses collègues, fouillant, son agenda.

En ces temps de pluies, de grisailles, de faibles températures, de crises et de guerres, voilà le roman qu'il vous faut ! Joliment écrit, très fluide à lire, parfois drôle, souvent étonnant, ce roman de rupture ne vous fera pas pleurer, malgré le sujet, et vous éclairera, à défaut du soleil, sur ce couple parfait. Car en cherchant où est sa femme, notre anti-héro découvrira surtout qui il est.


                                      


« La porte a claqué derrière moi, j'ai appuyé sur l'interrupteur de l'entrée. J'ai prononcé son nom et le silence m'est tombé dessus. Mylène n'était pas là. Elle avait pu être retenue à son journal par la rédaction d'un article de dernière minute ou ressortir faire une course. J'ai déposé ma veste dans la penderie de l'entrée, puis j'ai fureté dans l'appartement à la recherche d'une trace d'elle. Ça n'a pas été long. La feuille d'un format courant était placée en évidence sur l'îlot central dans la cuisine, sous le manche en corne d'un couteau Laguiole.
« Je ne rentrerai pas. »
C'était son écriture, les lettres étaient grosses, tracées d'une main calme, l'encre était celle du stylo Mont-Blanc que je lui avais offert pour sa fête il y a six ans. Je me suis assis, hébété, le papier entre les mains, je l'ai retourné, lu à nouveau, de nouveau, quatre ou cinq fois, puis j'ai fermé les yeux. J'étais privé d'émotion, inerte, minéral. Les quenottes de l'angoisse ont commencé à mordiller l'intérieur de mon crâne. Mes paupières se sont soulevées d'un coup et j'ai inspecté le dressing. Les cintres lignaient la haie soyeuse de ses robes, jupes, tailleurs et chemisiers. En manquait-il ? Elle en possédait tant que j'aurais été incapable de l'affirmer. J'ai constaté que nos trois valises de voyage étaient bien là, puis j'ai filé dans la salle de bain. Autour de la vasque, la surface du meuble ivoire était nue. Son parfum, son savon liquide, ses crèmes de jour, de nuit, ses brosses à cheveux, à dents, rien n'y était. J'ai ouvert la porte du meuble, écarté les tubes, les boîtes, les gants, les serviettes, ma trousse. La sienne manquait. L'avait-elle emplie et emportée ce matin ? Était-elle repassée après le travail ? Quelle importance ? Elle n'avait pas été bloquée au journal, chez une amie. Elle avait prévu son départ et ce projet prévoyait qu'elle « ne rentrerai pas ». pas quand ? Pas ce soir, pas cette nuit ? Que devais-je comprendre ? La complicité a ses limites. Pas demain, pas dimanche, plus jamais ? Comment avait-elle pu écrire cette phrase ? Vingt-quatre années de mots doux, sensés ou brûlants. Puis ces quatre-ci, froids et grinçants, porteurs d'un écho affreux. » pages 17-18

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Le ciné de septembre (Ennemy / Pride / Les recettes du bonheur / Nos étoiles contraires)

Publié le par Sébastien Almira

                                  
Ennemy, de Denis Villeneuve, 1h30 *
Adam, un professeur discret, mène une vie paisible avec sa fiancée Mary. Un jour qu'il découvre son sosie parfait en la personne d’Anthony, un acteur fantasque, il ressent un trouble profond. De là,on ne sait pas si cette histoire de sosies est véridique ou si l'un des deux personnages a un grain (ou deux) dans sa tête.
Si quelques blogueurs vous offriront leur explication détaillée de plusieurs pages pour vous dire combien Ennemy est un chef d’œuvre, je vous dirai simplement que je suis resté très dubitatif devant un rendu aux apparences très simplistes qui se veut labyrinthique. Pour moi, le film ne fonctionne pas, on est trop souvent bouche bée d'incompréhension et d’exaspération.


                                  
Pride, de Matthew Warchus, 2h *****
Été 1984, alors que Margaret Thatcher est au pouvoir, le Syndicat National des Mineurs vote la grève. Lors de leur marche à Londres, un groupe d’activistes gay et lesbien décide de récolter de l’argent pour venir en aide aux familles des mineurs. Mais l’Union Nationale des Mineurs semble embarrassée de recevoir leur aide. Le groupe d’activistes ne se décourage pas. Après avoir repéré un village minier au fin fond du pays de Galles, ils embarquent à bord d'un minibus pour aller remettre l'argent aux ouvriers en mains propres. Ainsi débute l’histoire extraordinaire de deux communautés que tout oppose qui s’unissent pour défendre la même cause. (résumé allociné)
J'ai été bluffé par ce film. Étonné, intéressé, emporté, envoûté, scandalisé, émerveillé par tou ce que j'y ai vu. J'y ai vu des luttes, des difficultés, des tensions, de la haine, mais aussi de la joie, de la fête, du soutien, de la générosité. Reste à savoir si la véritable histoire a bien été retranscrite, je laisse parler les connaisseurs. J'y ai aussi vu des acteurs et des personnages formidables, une époque, une histoire, de la musique (quelle BO sensationnelle!), de la magie.
Honnêtement, Pride est un véritable bijou, un film qui fait rire et pleurer, qui donne de l'espoir et une rage de vivre. Que l'on soit concerné par la lutte des droits LGBT ou que l'on fut, à l'époque, concerné par les grèves des mineurs, on est tous concernés par cette histoire de droits, de libertés, de soutien et d'amitié.


                                  
Les recettes du bonheur, de Lasse Hallström, 2h ****
Réalisateur de Chocolat (avec Juliette Binoche et Johnny Depp) ou plus récemment de Des saumons dans le désert (avec Ewan McGregor, Emily Blunt et Kristin Scott Thomas), Lasse Hallström adapte le roman éponyme de Richard C. Morais, produit notamment par Steven Spielberg et Oprah Winfrey.
C'est l'histoire d'une famille indienne ayant fui leur pays pour des raisons un peu trop rapidement expliquées qui tombe en panne dans le village de Saint-Antonin-Noble-Val où ils décident de s'installer et de créer de nouveau un restaurant. Mais Madame Mallory (Helen Mirren) ne voit pas d'un bon œil l'arrivée de La Maison Mumbai, juste en face de son restaurant étoilé. La guerre est déclarée entre les deux patrons tandis qu'Hassan, le jeune cuistot prodige (et plutôt beau garçon) tombe amoureux de Marguerite (Charlotte LeBon), la sous-chef du Saule Pleureur.
Et ce n'est que le début des festivités ! La cuisine indienne se mélange à la haute gastronomie française, la réalisation pioche du côté de Bollywood, de la comédie française et des ficelles des grosses productions américaines. Mais l'équilibre est aussi saisissant que les plats concoctés par le jeune chef indien passionné de cuisine française !
C'est un très bon film où, bien entendu, on trouvera des bons sentiments, des grosses ficelles et un dénouement attendu, mais on ne va pas voir Les recettes du bonheur pour prendre une claque cinématographique, on y va pour se faire plaisir, et ça marche plus que de raison. Prévoir un resto indien en sortant, ça donne grave la dalle !


                                  
Nos étoiles contraires, de Josh Boone, 2h **
Hazel Grace et Gus, 16 et 18 ans, se sont rencontrés lors d'un groupe de soutien pour les malades du cancer. Elle est solitaire, rêveuse et consciente de ne pas pouvoir vivre comme tout le monde. Lui est plutôt frondeur, il méprise les conventions et joue d'un humour ravageur et d'un charisme fou. C'est une tranche de vie des ces deux grands ados, jeunes adultes, qui fait sensation dan le monde entier, d'abord sous la forme du livre de John Green, désormais avec cette adaptation cinématographique qui fera pleurer sous les chaumières.
Avec leur pote, ils ont à eux trois quatre yeux, cinq jambes et cinq poumons, c'est un film à destination majoritairement des adolescentes et c'est très lacrymal et plein de bons sentiments. Cependant, il y a quelques bons passages, et malgré une Shaylene Woodley plutôt énervante et Sam Trammel qui joue son père de façon navrante, le casting est assez bon : Ansel Elgort donne à Gus un charisme et des contours particulièrement réussis, on notera aussi le rôle du grand Willem Dafoe, qui mériterait des films d'un autre envergure.

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Meg Rosoff, Au bout du voyage, roman à partir de 13 ans, 260 pages, Albin Michel Wiz, août 2014 ****

Publié le par Sébastien Almira

                          

« Je m'entends bien avec mon père, nous formons une bonne équipe. Comme mon homonyme, Mila la chienne, j'ai une conscience aiguë des lieux où je me trouve et de ce que je fais à tout moment. Guère encline à la rêvasserie, j'ai un peu de la détermination d'un terrier. S'il y a quelque chose à remarquer, c'est moi qui le remarque en premier.
Je suis douée pour résoudre les énigmes.
 » page 11


Quoi ?! L'auteure de How I live now (Maintenant c'est ma vie), dont l'adaptation cinématographique m'a subjugué en début d'année, publie un nouveau roman ado à la rentrée ?! Ayant raté la lecture du précédent, je me suis jeté dessus pour me rattraper.

Mila, 12 ans, accompagne son père, parti à la recherche de son meilleur ami Matthew. Grâce à sa très grande sensibilité, elle tente de comprendre ce qui est arrivé à Matthew et accumule les indices au cours de leur voyage en direction de la frontière canadienne.

Petit récapitulatif sur les personnages (que j'ai la flemme de mettre en prose, toutes mes excuses) :
Mila, 12 ans, narratrice, sensible et intelligente
Gil, son père, d'origine franco-portugaise, traducteur, « parmi les défauts de mon père, on trouve une honnêteté poussée jusqu'à l'excès. Et la distraction, bien sûr. » page 38
Marieka, sa mère, d'origine suédoise, violoniste dans un orchestre
Matthew, le meilleur ami d'enfance du père, s'est barré sans prévenir personne
Suzanne, la femme de Matthew, froide, étrange et n'a pas l'air très préoccupée par la disparition de son mari
Gabriel, leur bébé
Honey, leur chien, un grand chien-loup blanc magnifique et triste de l'absence de son maître

                                                  

« J'aime la manière dont la neige s'entasse au sommet des poteaux téléphoniques et s'accumule même sur les câbles en longues lignes blanches et minces. On voit des trous là où des oiseaux se sont posés, qui composent des messages en morse. Point point point. Trait trait trait. Point point point. » page 231

Mila et son père arrivent chez Matthew et Suzanne, une maison en forme de « grand cube dont chaque face verticale serait divisée en quatre carrés de verre » avec un toit en bois incliné pour la neige. Cette maison perdue au beau milieu d'une forêt instaure une atmosphère inquiétante supplémentaire. D'autant que Mila se met instantanément à décrypter chaque objet, chaque placement, chaque détail afin de découvrir ce qui a pu pousser le fameux Matthew à fuir une femme, un bébé et une chienne. La pauvre Mila n'est pas au bout de ses surprises. Au cours du road-trip canadien avec son père et la chienne Honey, elle va en apprendre des vertes et des pas mûres, tant sur Matthew que sur son père.


Alors qu'on ne parle que de John Green, auteur du déjà célébrissime Nos étoiles contraires, devenu culte chez nos ados, comme chez les ados transatlantiques avec le film de Josh Boone, moi je vous propose de vous pencher aussi (parce qu'empêcher les ados de lire John Green, je crois que ça va plus être possible, et il faudra bien que je m'y mette aussi) sur Meg Rosoff. Sur How I live now, dont je vous avais déjà parlé, sur ses autres livres dont certains ont l'air pas mal, et sur ce très beau voyage entre père et fille dans les plaines enneigées du Canada à la recherche d'un ami et d'explications, avec des personnages fouillés, bien exploités et des petits passages emprunts de poésie ou assez critiques envers la société américaine, par exemple.
Bref, ce n'est pas un grand roman, ce n'est pas aussi fort que How I live now (que le film, en tout cas), mais on passe un très bon moment de lecture jusqu'au bout du voyage (facile, je sais).

                   


« La télé américaine propose des centaines de chaînes et je zappe sans vraiment prêter attention à ce qui se passe sur l'écran. Je tombe principalement sur des pubs. Je continue jusqu'aux chaînes à trois chiffres, où je vois une femme dénudée se caresser les seins et me demander si je veux mieux la connaître. Je passe aussitôt à autre chose. Je m'arrête sur un documentaire animalier dans lequel un homme admire un superbe cerf dans une clairière et dit à voix basse : N'est-ce pas une superbe créature ? avant d'épauler son fusil et de lui loger une balle dans le cœur. La bête chancelle et tombe à genoux. J'ai envie de vomir.
Il y a une semaine, l'Amérique me faisait l'effet d'être l'endroit le plus accueillant du monde, mais je commence à voir de la noirceur partout où je regarde.
 » page 249

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Maylis de Kerangal, Corniche Kennedy, roman, 170 pages, Verticales, 2008, Folio, 2010 **

Publié le par Sébastien Almira

                                 

Puisque Réparer les vivants émerveille des dizaines de milliers de lecteurs et que nous recevons bientôt l'auteure, j'ai enfin lu un Maylis de Kerangal. Et, exceptionnellement, je poste donc une chronique d'un livre qui n'est pas une nouveauté, puisque le fameux Réparer les vivants est trop médical pour la chochotte que je suis et que, parmi les autres, c'est Corniche Kennedy qui me tentait le plus.

Ce qui est bien, c'est que c'est rapide à lire, je n'ai pas l'impression d'avoir perdu beaucoup de temps, mais tout de même.
Si le sujet est intéressant et, il faut que je l'avoue, très bien traité (l'adolescence laissée à l'abandon notamment), j'ai eu beaucoup de mal avec l'écriture très travaillée de Maylis de Kerangal.
Les suites de morceaux de phrases souvent sans sujet, parfois sans verbe, qui finissent par former des phrases que l'on a du mal à comprendre, ce n'est pas trop mon truc.
Me faire balader dans tous les sens par une auteure et des phrases qui me font passer pour un lecteur inculte sitôt que je suis largué, ce n'est pas trop mon truc.
Les écritures hyper travaillées, maniérées, faussement désinvoltes dont l'aspect peut paraître brouillon et qui finissent par fatiguer, ce n'est pas trop mon truc.



J'ai eu beaucoup de mal au début du livre à cause de cette écriture, mais j'ai été happé par ce qu'elle racontait.
Cette histoire d'adolescents marseillais décharnés majoritairement issus des quartiers nords, échappant à la société, laissés à l'abandon, qui se retrouvent dans un coin dangereux des calanques chaque après-midi de l'été, leur oasis pour échapper au reste du monde.
Cette histoire de liens, de hiérarchie, d'attitudes, de gestuelle ; cette facilité de les décrire.
Cette histoire de chasse aux jeunes par un commissaire au bout du rouleau poussé par une crevure de maire.
Ces descriptions ô combien savoureuse du Jockey, petit nom donné au maire de Marseille, que je ne pouvais m'empêcher de voir autrement que sous traits grossiers de Jean-Claude Gaudin.

J'ai été tiré par le fonds, malgré la fin (pourquoi cette espèce d'image poétique d'amants incompris qui arrive comme un cheveu sur la soupe et qui est strictement ridicule ?), et malgré la forme qui finalement avait un avantage : celui de pouvoir sauter des mots, des lignes entières, sans être nullement gêné, puisqu'il s'agit souvent de longues descriptions et que la construction des phrases est de toute façon aussi décharnée que l'usage que j'en ai fait.

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Nouvelle collection chez Syros : Mini Syros + Soon

Publié le par Sébastien Almira



Yves Grevet, Des ados parfaits, 110 pages, roman à partir de 9 ans, août 2014, 5 € ****
Nadia Coste, Ascenseur pour le futur, 130 pages, roman à partir de 9 ans, août 2014, 5 € ****


Les éditions Syros, que l'on connaît particulièrement pour avoir enchanté nombre de lecteurs avec Méto (article ici), puis les livres suivants d'Yves Grevet, lance une nouvelle collection à prix mini. Mini Syros + Soon s'insère entre les premières lectures et les romans de science-fiction pour adolescents, à destination des lecteurs de neuf à douze à peu près, sachant qu'il n'y a d'âge prédéfinis pour aucun livre, cela dépend des lecteurs.
Deux titres sont proposés depuis quelques jours : Ascenseur pour le futur de Nadia Coste, et Des ados parfaits d'Yves Grevet. Bien entendu, j'ai lu ça pour vous (bon, ok, pour moi aussi... Comme quoi, ça ne s'arrête pas forcément à douze ans !).

Chacun des deux livres part d'une histoire de jeunes adolescents sensiblement à notre époque dans laquelle un élément de science-fiction fait apparition. Dans le premier, Nadia Coste introduit une machine à remonter le temps et je ne peux révéler l'élément introduit par Yves Grevet sous peine de dévoiler une partie de la chute.

C'est rondement mené, abordable dès neuf ans pour des enfants qui aiment lire autre chose que de la bande dessinée. C'est également un bon moyen de faire venir à la lecture des enfants qui n'en ont pas l'habitude ou le goût.
Avec un vocabulaire simple, un peu d'humour, un aspect futuriste à notre époque qui apporte un peu d'excitation, des personnages qui ont entre dix et treize ans, des histoires d'amitié, voire de sentiments naissants, et du suspense, Des ados parfaits et Ascenseur pour le futur ont tout pour plaire !
Un petit point négatif pour les amateurs de Grevet : vous resterez sur votre faim si vous avez dévoré Méto et Nox. 110 pages, c'est loin d'être assez pour satisfaire des lecteurs de plus de treize ans sur ce sujet, mais idéal pour découvrir.

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Fink, Hardbeliever, 10 titres (+4), Ninja Tune, juillet 2014 *****

Publié le par Sébastien Almira

Fink, Hardbeliever, 10 titres (+4), Ninja Tune, juillet 2014 *****


Nouveau disque découvert un peu par hasard, Hardbeliever du groupe Fink est une petite merveille, crépusculaire et sublime.

Entre folk, blues et rock, l'ancien DJ (dékà chez Ninja Tune) signe dix titres en clair-obscur, c'est doux et mélancolique, sombre et lumineux, épuré et envoutant, la voix est limpide et suave, l'objet-disque est beau et agrémenté de quatre versions alternatives sur un deuxième disque.
Parait-il que leur cinquième et avant-dernier album, Perfect Darkness, est également de toute beauté et que le premier, Fresh Produce, était plutôt electro. Je vous laisse pour aller combler mes lacunes !


02/11 au Grand Mix à Tourcoing
04/11 au Transbordeur à Villeurbanne
05/11 à l'Espace Julien à Marseille
26/11 au Trianon à Paris


Et pour terminer, voici un lien vers un article bien plus constructif que le mien !

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Pierre Demarty, En face, roman, 180 pages, Flammarion, août 2014, 17 € ****

Publié le par Sébastien Almira

                     


« N'est-ce pas, du reste, ce que fit Jean Nochez à sa façon ? Hamster astucieux, ne trouva-t-il pas, à sa façon, le moyen de s'extraire de la grande roue morne des heures et des hommes ? Patience, c'est ce que nous allons voir – mais tenez, le voici justement qui fait son apparition chez Ripoche. » page 52

Jean Nochez est « un anachorète sacrifiant aux distractions du vulgaire ; un mélancolique s'abaissant à la joie ; un misanthrope social ; un nyctalope en plein jour » (page 97), ou encore un « discret compagnon de déroute, tout invisible qu'il était, avec ses allures d'objecteur de conscience, son silence lisse, sur quoi tout glissait, et son sourire abscons qui ne laissait rien transparaître du secret immense au cœur de sa vie minuscule. Sa présence était immatérielle ; son absence envahissante. Quand il n'était pas là, il nous manquait ; mais quand il était là, il nous manquait aussi. » (page 103)
Vous avez cerné le personnage ? Passons alors à la deuxième chose à dire sur son histoire. Jean Nochez, un jour, quitte son foyer. Sa femme, ses enfants, son appartement. Il ouvre la porte de son immeuble, traverse la route et pénètre l'immeuble d'en face. C'est tout.

Le narrateur est un fidèle des Indociles Heureux, le bar où il a rencontré Jean Nochez. Il ne le connaît que peu mais se met en tête de raconter l'histoire ou la non-histoire de ce héros sans trait, sans caractère, sans histoire.
Vous allez me dire : « Mais, sérieusement, on s'en fout un peu de son histoire, non ? ». Et bien figurez-vous qu'on ne s'en fout pas tout à fait lorsqu'on lit En face, pour la simple et bonne raison que le narrateur nous cause avec un style jubilatoire. Il s'agit bien de nous causer, puisqu'il nous prend régulièrement à partie, comme si nous étions assis à côté de lui, sur un tabouret haut, buvant un ballon de rouge, aux Indociles Heureux. Comme si, en bon compagnon de beuverie, ils nous racontait, à nous lecteurs, une histoire follement ridicule et ridiculement folle, à une heure du matin, après s'être enfilé plusieurs bouteilles de pinard ensemble.
Et l'alcool décuple ses talents de conteur, puisque le forme porte le roman à elle seule. On veut bien entendu savoir pourquoi et comment un homme a quitté sa vie pour celle d'en face, mais on est surtout traîné sur 190 pages par le style jubilatoire de Pierre Demarty.

Il y a une érudition folle, des jeux de mots, de sons, de langage à tout bout de champs (« Tout passe, tout lasse, tout ça. » page 67, « Pour le reste, Jean s'enterre : Jean, sans reproches, et sans retour, s'engouffre. » page 69, et j'en passe), une certaine nonchalance qui contrebalance un langage assez soutenu et un humour délicieusement irrévérencieux (alala, ces enfants qui regardent page 78 « les non-aventures, niaiseuses à consterner d'un simple d'esprit, d'une espèce de créature asexuée, fruit probable de l'union contre nature d'un koala et d'un oursin glabre. » !)
Il manque toutefois quelque chose pour que je considère En face comme un excellent livre. Cette chose, c'est une fin digne de ce nom. Je comprends qu'on puisse avoir du mal à clore une histoire banale qui repose quasi exclusivement sur le traitement qui en est fait et sur la forme avec une fin spectaculaire, mais je reste tout de même sur ma faim !

Pierre Demarty, En face, roman, 180 pages, Flammarion, août 2014, 17 € ****
Pierre Demarty, En face, roman, 180 pages, Flammarion, août 2014, 17 € ****
Pierre Demarty, En face, roman, 180 pages, Flammarion, août 2014, 17 € ****

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Marie-Sabine Roger, Trente-six chandelles, roman, 270 pages, Rouergue, août 2014, 20 € **

Publié le par Sébastien Almira

                     


« Les secrets de famille sont de noires araignées qui tissent autour de nous une toile collante. Plus le temps passe, plus on est ligoté, bâillonné, serré dans une gangue. Incapable de bouger, de parler.
D'exister.
 » page 182


Dans la famille Decime (autrefois Décimé), on meurt le matin de son trente-sixième anniversaire à onze heures précises lorsqu'on est de sexe masculin. En prévision de ce jour fatidique, Mortimer a fait le vide dans sa vie. Tout est prêt pour le grand départ, plus d'appartement, plus de boulot, plus d'attache amoureuse, plus de voiture, etc.
Mais le jour de ses trente-six ans, le destin en a décidé autrement : Mortimer est aussi vivant à 10h qu'à midi. Il passe en revue toutes les possibilités. S'est-il trompé de jour ? Une erreur sur son acte de naissance ? Une histoire d'adultère ? Une mauvaise blague ?
Mortimer en est tout chamboulé. C'est qu'il n'avait pas prévu la possibilité de ne pas mourir, pas prévu d'avoir des projets, pas su garder Jasmine puisque quel intérêt d'avoir une relation vouée à une mort certaine ? Mortimer n'avait simplement pas prévu de devoir vivre.

En compagnie de quelques personnages fort sympathiques (Jasmine, « petit moineau aux allures de fille, qui croyait à la gentillesse, mangeait des graines germées, des cheesecakes, des Nuts et des steaks de soja, et s'habillait en farfadet tout juste arrivé de la lune » avec « sa folie douce, sa naïveté exaspérante, son bonnet ridicule », son amoureuse, et Paquita et Nassardine, elle aux allures de drag queen et lui, l'Arabe le plus gentil du monde, ses meilleurs amis un peu caricaturaux mais tellement attendrissants et humains), Mortimer nous raconte sa vie, ce qui est arrivé avant sa première mort.
Des bribes de sa jeunesse à sa relation originale avec Jasmine en passant par son adolescence où il rencontre Paquita et Nassar dans leur camion à crêpes à la sortie du collège (les meilleures de toute la ville!) et la saga des morts tragiques mais plutôt drôles de ses ancêtres mâles, vous saurez tout des trente-six premières années de Mortimer Decime.

« Paquita est une somme d'improbabilités. J'en ai pris l'habitude, et si je la voyais avec une jupe aux genoux, ou un haut sagement boutonné jusqu'au col, ça me choquerait davantage que de la voir ainsi, fringuée en grande Lulu qui s'en va aux asperges. On ne peut pas dire qu'elle soit vulgaire, on est dans une autre dimension. Personne d'autre qu'elle ne pourrait s'accoutrer de cette façon au même âge (à part certaines bourgeoises et putains en retraite).
Paquita est irracontable. Avec ses kilos et ses plis, ses cils plâtrés de rimmel, ses jupes de pétasse et ses décolletés de plus en plus profonds pour rattraper ses seins qui se font un peu la malle, elle est juste touchante. Dès qu'on la voit, on sait qu'elle naïve, et qu'elle aime la vie. On sent qu'elle pourrait tout lâcher dans l'instant pour aider quelqu'un en détresse. » pages 21-22

À vrai dire, je ne m'attendais pas à ça. À tort, je pensais lire les tribulations d'un homme de trente-six balais qui doit réapprendre à vivre. Et ça a un peu fait chuter le degrés de plaisir de lecture. D'autant que, même si la lecture est plutôt agréable (surtout avec l'arrivée du personnage de Jasmine), elle n'a pas été pour moi source d'un plaisir intense. Pas l'ombre d'une furieuse envie de tourner la page, pas d'éclat de rire, pas de larmes, pas de folie finalement dans ce roman plutôt sympathique.
Quand, en plus, page 145, Marie-Sabine Roger a osé écrire (et ne me parlez pas de différence entre un narrateur et un auteur !) que le sirop d'orgeat était (avec le Schweppes) la boisson la plus immonde au monde, mon sang n'a fait qu'un tour !
Pour terminer sur une note plus positive et objective, sachez que derrière mes petites jérémiades, je trouve que 36 chandelles est un roman agréable et sympathique, avec des personnages agréables et sympathiques, porté par une écriture agréable et sympathique. Ne voyez pas dans cette suite de répétitions à l'allure moqueuse une quelconque ironie de ma part, c'est juste que 36 chandelles est un roman agréable et sympathique.

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Prix littéraires 2014 (Mises à jour régulières)

Publié le par Sébastien Almira

                               

À chaque rentrée de septembre sa course aux Prix. La saison 2014 est lancée avec l'annonce des premières sélections Renaudot, Goncourt et Flore.
Avant la première annonce, j'avais parié qu'Emmanuel Carrère, David Foenkinos, Eric Reinhardt, Aurélien Bellanger, Adrien Bosc, Christophe Donner, Gilles Martin-Chauffier, Patrick Deville et Grégoire Delacourt seraient dans toutes les sélections. Mauvais pari sur Carrère qui domine pourtant l'espace médiatique littéraire du moment ainsi que les meilleures ventes, derrière Amélie Nothomb, ainsi que pour Deville, mais les listes n'ont pas fini de tomber et j'ai vu juste sur pas mal d'autres (même si mes pronostics ne sont pas non plus extravagamment insolites).
On remarquera encore un fois la suprématie de Gallimard (4
+ 1 POL sélectionnés au Goncourt, 4 au Renaudot, 4 + 1 Verticales + 1 Denoël au Prix de Flore? 4 au Médicis), suivi de près par Grasset (3 au Goncourt et 3 au Renaudot). Remarquons également la double présence (Goncourt et Renaudot) de Kamel Daoud avec Meursault, contre-enquête publié ches Actes Sud en mai et la triple présence d'Adrien Bosc avec Constellation chez Stock.
Enfin, j'espère que Pierre Demarty saura convaincre le jury du Prix de Flore avec son jubilatoire En face chez Flammarion !
18/09/14 Merci au juré Médicis de ne pas avoir d'yeux que pour Gallimard, au moins pour la sélection française.


Première sélection
Deuxième sélection
Troisième sélection
Lauréat


MAJ 07/09/2014
Première sélection Goncourt
Première sélection Renaudot
Première sélection Prix de Flore
Prix Fnac décerné à Benjamin Wood pour Le complexe d'Eden Bellwether chez Zulma

MAJ 09/09/2014
Première sélection Prix Wepler / Fondation La Poste

MAJ 15/09/2014
Premières sélections Médicis français et étranger

MAJ 18/09/2014
Premières sélections Fémina français et étranger

MAJ 28/09/2014
Première sélection Académie Française
Première sélection Décembre

MAJ 18/10/2014
Attribution du Prix Jean Giono à Fouad Laroui pour Les tribulations du dernier Sijilmassi chez Julliard
Attribution du Prix Sade à Alain Guiraudie pour Ici commence la nuit chez POL
Deuxième sélection Flore
Deuxième sélection Académie française
Deuxième sélection Renaudot
Deuxième sélection Goncourt
Deuxièmes sélections Médicis français et étranger
Deuxièmes sélections Fémina français et étranger
Première sélection Prix des Libraires
Première sélection Interallié




                      
 

PRIX GONCOURT (05/11)
Adrien Bosc, Constellation, Stock
Kamel Daoud, Meursault, contre-enquête, Actes sud
Grégoire Delacourt, On ne voyait que le bonheur, JC Lattès.
Pauline Dreyfus, Ce sont des choses qui arrivent, Grasset
Clara Dupont Monod, Le roi disait que j’étais diable, Grasset
Benoît Duteurtre, L’ordinateur du paradis, Gallimard
David Foenkinos, Charlotte, Gallimard

Fouad Laroui, Les tribulations du dernier Sijilmassi, Julliard
Gilles Martin-Chauffier, La femme qui dit non, Grasset
Mathias Menegoz, Karpathia, POL
Eric Reinhardt, L’amour et les forêts, Gallimard 
Emmanuel Ruben, La ligne des glaces, Rivages
Lydie Salvayre, Pas pleurer, Seuil

Joy Sorman, La peau de l’ours, Gallimard
Eric Vuillard, Tristesse de la terre, Actes sud

PRIX RENAUDOT (05/11)

Adrien Bosc, Constellation (Stock)
Geneviève Brisac, Dans les yeux des autres (L’Olivier)
Kamel Daoud, Meursault, contre-enquête (Actes Sud)
Clara Dupont-Monod, Le roi disait que j’étais le diable (Grasset)

Christophe Donner, Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive (Grasset)
Dominique Fabre, Photos volées (L’Olivier)
Frederika Amalia Finkelstein, L’oubli (L’Arpenteur/Gallimard)
David Foenkinos, Charlotte (Gallimard)
Dalibor Frioux, Incident voyageurs (Seuil)
Marie-Hélène Lafon, Joseph (Buchet-Chastel)
Pierre-Yves Leprince, Les enquêtes de monsieur Proust (Gallimard)
Laurent Mauvignier, Autour du monde (Minuit)
Gilles Martin-Chauffier, La femme qui dit non (Grasset)
Jean-Marc Moura, La musique des illusions (Albin Michel)
Amélie Nothomb, Pétronille (Albin Michel)

Eric Reinhardt, L’amour et les forêts (Gallimard)
Lydie Salvayre, Pas pleurer (Seuil)
+
Pierre-Yves Leprince, Les enquêtes de monsieur Proust (Gallimard)

PRIX FEMINA (03/11)
Sélection française

Yves Bichet, L'homme qui marche (Mercure de France)
Gérard de Cortanze, L'an prochain à Grenade (Albin Michel)
Julia Deck, Le triangle d'hiver (Minuit)
Isabelle Desesquelles, Les hommes meurent, les femmes vieillissent (Belfond)
Claudie Hunzinger, La langue des oiseaux (Grasset)
Fabienne Jacob, Mon âge (Gallimard)
Marie-Hélène Lafon, Joseph (Buchet-Chastel)
Yanick Lahens, Bain de lune (Sabine Wespieser)
Luc Lang, L'autoroute (Stock)

Laurent Mauvignier, Autour du monde (Minuit)
Antoine Volodine, Terminus radieux (Seuil)
Eric Vuillard, Tristesse de la terre (Actes Sud)

Valérie Zenatti, Jacob, Jacob (L'Olivier)

+ Dominique Fabre, Photos volées (L’Olivier)
+ Sylvain Prudhomme, Les grands (Gallimard)


Sélection étrangère
John Banville, La lumière des étoiles mortes (Robert Laffont)  
Sebastian Barry, L'homme provisoire (Gallimard)

Lily Brett, Lola Benski (La Grande Ourse)
Jennifer Clement, Prière pour celles qui furent volées (Flammarion)
Charles Frazier, A l'orée de la nuit (Grasset)
Drago Jancar, Cette nuit je l'ai vue (Phébus)
Nell Leyshon, La couleur du lait (Phébus)
Claire Messud, La femme d'en haut (Gallimard)
Philipp Meyer, Le fils (Albin Michel)
Leonardo Padura, Hérétiques (Métailié)
James Salter, Et rien d'autre (L'Olivier)
Taiye Selasi, Le ravissement des innocents (Gallimard)
Zeruya Shalev, Ce qui reste de nos vies (Gallimard)
Juan Gabriel Vasquez, Les réputations (Seuil)

+ Grazyna Jagielska, Amour de pierre (Les équateurs)

PRIX MEDICIS
Sélecion française
Aurélien Bellanger, L'aménagement du territoire (Gallimard)
Véronique Bizot, Ame qui vive (Actes Sud)
Pierre Demarty, En face (Flammarion)
Claudie Hunzinger, La langue des oiseaux (Grasset)
Jean-Hubert Gailliot, Le soleil (L'Olivier)
Hedwige Jeanmart, Blanès (Gallimard)
Nathalie Kuperman, La loi sauvage (Gallimard)
Frank Maubert, Visible la nuit (Fayard)
Laurent Mauvignier, Autour du monde (Minuit)

Christine Montalbetti, Plus rien que les vagues et le vent (P.O.L.)
Eric Reinhardt, L'amour et les forêts (Gallimard)
Antoine Volodine, Terminus radieux (Seuil)
Valérie Zenatti, Jacob, Jacob (L'Olivier)


Sélection étrangère
Margaret Atwood, MaddAddam (Robert Laffont), traduit de l’anglais (Canada) par Patrick Dusoulier
Lily Brett, Lola Bensky (La grande ourse), traduit de l’anglais (Australie) par Bernard Cohen

Sonali Deraniyagala, Wave (Kero), traduit de l’anglais (GB) par Camille de Peretti.
Mohsin Hamid, Comment s'en mettre plein les poches en Asie mutante (Grasset) traduit de l’anglais (Pakistan) par Bernard Cohen
Vladimir Lortchenkov, Des 1001 façons de quitter la Moldavie (Mirobole), traduit du russe par Raphaëlle Pache
Ursula Krechel, Terminus Allemagne (Carnets Nord /Montparnasse), traduit de l’allemand par Barbara Fontaine
Anthony Marra, Une constellation de phénomènes vitaux (J.C. Lattès), traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Dominique Defert
Antonio Moresco, La petite lumière (Verdier), traduit de l’italien par Laurent Lombard

Maxime Ossipov, Histoires d'un médecin russe (Verdier) traduit du russe par Éléna Rolland
Leonardo Padura, Hérétiques (Metailié), traduit de l’espagnol (Cuba) par Elena Zayas.
Peter Stamm, Tous les jours sont des nuits (Bourgois), traduit de l’allemand par Pierre Deshusses
James Salter, Et rien d'autre (L'Olivier), traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marc Amfreville
Zeruya Shalev, Ce qui reste de nos vies (Gallimard), traduit de l’hébreu par Laurence Sendrowicz
Juan Gabriel Vasquez, Les réputations (Seuil), traduit de l’espagnol (Colombie) par Isabelle Gugnon
Evie Wyld, Tous les oiseaux du ciel (Actes Sud), traduit de l’anglais (Australie) par Mireille Vignol
+
Taiye Selasi, Le ravissement des innocents (Gallimard), traduit de l'anglais (Royaume Uni) par Sylvie Schneiter

GRAND PRIX DU ROMAN DE L'ACADEMIE FRANCAISE (30/10)
Un secret du docteur Freud, d'Éliette Abécassis (Flammarion)
Constellation, d'Adrien Bosc (Stock)
L'Ordinateur du paradis, de Benoît Duteurtre (Gallimard)
Photos volées, de Dominique Fabre (L’Olivier)
Blanès, d'Hedwige Jeanmart (Gallimard)
La Femme qui dit non, de Gilles Martin-Chauffier (Grasset)
Voyageur malgré lui, de Minh Tran Huy (Flammarion)
Les Grands, de Sylvain Prudhomme (Gallimard)
Dialogue d'été, d'Anne Serre (Mercure de France)
Terminus radieux, d'Antoine Volodine (Seuil)
+ Karpathia, Mathias Menegoz (POL)

PRIX DE FLORE
Aurélien Bellanger, L’aménagement du territoire (Gallimard)
Adrien Bosc, Constellation (Stock)
Pierre Demarty, En face (Flammarion)
Frederika Amalia Finkelstein, L’oubli (L'Arpenteur/Gallimard)
Fabrice Gaignault, Vie et mort de Vince Taylor (Fayard)
Ismaël Jude, Dancing with myself (Verticales)
Eric Maravelias, La faux soyeuse (Série noire/Gallimard)
Franck Maubert, Visible la nuit (Fayard)
Olivier Maulin, Gueule de bois (Denoël)
François Roux, Le bonheur national brut (Albin Michel)
Anna Rozen, J’ai eu des nuits ridicules (Le Dilettante)
Leïla Slimani, Dans le jardin de l'ogre (Gallimard)

PRIX WEPLER / FONDATION LA POSTE
Thierry Beinstingel, Faux nègres (Fayard)
Marie-Claire Blais, Aux Jardins des Acacias (Seuil)
Sophie Divry, La condition pavillonnaire (Noir sur Blanc/Notabilia)
Élisabeth Filhol, Bois II (P.O. L)
Jean-Hubert Gailliot, Le Soleil (L'Olivier)
Hedwige Jeanmart, Blanès (Gallimard)
Luba Jurgenson, Au lieu du péril (Verdier)
Mathias Menegoz, Karpathia (P.O.L)
Fiston Mwanza Mujila, Tram 83 (Métaillé)
Sylvain Prudhomme, Les grands (L’Arbalète/Gallimard)
Éric Vuillard, Tristesse de la terre – Une histoire de Buffalo Bill Cody (Actes Sud)
Cécile Wajsbrot, Totale éclipse (Christian Bourgois)

PRIX DECEMBRE (06/11)
Adrien Bosc, Constellation (Stock)
Geneviève Brisac, Dans les yeux des autres (L’Olivier)         
Judith Brouste, Le cercle des tempêtes (Gallimard-L’Infini)  
Emmanuel Carrère, Le Royaume (P.O.L)
Pauline Dreyfus, Ce sont des choses qui arrivent (Grasset)
Frederika-Amalia Finkelstein, L’oubli (Gallimard)
Nicolas Idier, La musique des pierres (Gallimard)
Nelly Kaprièlian, Le manteau de Greta Garbo (Grasset)
Linda Lê, Œuvres Vives (Christian Bourgois)
Elisabeth Roudinesco, Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre (Le Seuil)
Anne Serre, Dialogue d’été (Mercure de France)
Paul Veyne, Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas (Albin  Michel)

PRIX INTERALLIE
Christian Authier, Le soldat d'Allah (Grasset)
Adrien Bosc, Constellation (Stock)

Christophe Donner, Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive (Grasset)
Pauline Dreyfus, Ce sont des choses qui arrivent (Grasset)
Nicolas d'Estienne d'Orves, La Dévoration (Albin Michel)
David Foenkinos, Charlotte (Gallimard)
Simonetta Greggio, Les nouveaux monstres (Stock)
Stéphane Guibourgé, Les fils de rien, les humiliés (Fayard
)
Serge Joncour, L’écrivain national (Flammarion)
Mathias Menegoz, Karpathia (P.O.L)
Jean-Marc Parisis, Les inoubliables (Flammarion)
Eric Reinhardt, L'amour et les forêts (Gallimard)
Romain Slocombe, Avis à mon éxécuteur (Robert Laffont)
Minh Tran-Hui, Voyageur malgré lui (Flammarion)


PRIX DES LIBRAIRES
Olivier Adam, Peine perdue (Flammarion)
Marcu Biancarelli, Orphelins de Dieu (Actes Sud)
Adrien Bosc, Constellation (Stock)
Aurélien Bellanger, L’aménagement du territoire (Gallimard)
Franck Courtès, Toute ressemblance avec le père (Lattès)
Julia Deck, Le triangle d’hiver (Minuit)
Frédérique Deghelt, Les brumes de l’apparence (Actes Sud)
Sophie Divry, La condition pavillonnaire (Noir sur Blanc)
Clara Dupont-Monod, Le roi disait que j’étais diable (Grasset)
David Foenkinos, Charlotte (Gallimard)
Alice Ferney, Le règne du vivant (Actes Sud)
Dalibor Frioux, Incident voyageurs (Seuil)
Christian Garcin, Selon Vincent (Stock)
Marie-Ange Guillaume, Aucun souvenir de Césarée (Le Passage)
Kaoutar Harchi, A l’origine notre père obscur (Actes Sud)
Oriane Jeancourt-Galignami, L’audience (Albin-Michel)
Serge Joncour, L’écrivain national (Flammarion)
Marie-Hélène, Lafon Joseph (Buchet-Chastel)
Gaëlle Josse, Le denier gardien d’Ellis Island (Noir sur Blanc)
Nelly Kapriélian, Le manteau de Greta Garbo (Grasset)
Eric Reinhardt, L'amour et les forêts (Gallimard)
François Roux, Le bonheur national brut (Albin-Michel)
Lydie Salvayre, Pas pleurer (Seuil)
Joy Sorman, La peau de l’ours (Gallimard)
Minh Tran-Hui, Voyageur malgré lui (Flammarion)
Eric Vuillard, Tristesse de la terre (Actes Sud)
Valérie Zenatti, Jacob, Jacob (L’Olivier)


PRIX JEAN GIONO
Fouad Laroui,
Les tribulations du dernier Sijilmassi (Julliard)

PRIX SADE
Alain
Guiraudie, Ici commence la nuit (POL)

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